Par le Décret d’Éloge (en latin : Decretum Laudis), le Saint Siège fait l’éloge et déclare une congrégation utile pour l’Église universelle et l’établit de droit pontifical, c’est-à-dire, sous l’autorité et la supervision du Saint Père.
1. l’association
La première étape de fondation d’une congrégation religieuse est réalisée lorsqu’une personne, investie d’un
charisme particulier, réunit quelques compagnons avec la volonté de mener une vie en commun, et de pratiquer la perfection évangélique.
Il est de la compétence de l’évêque diocésain d’examiner si la fin et les modalités de cette association nouvellement fondée répondent à ce que l’Église comprend par vie religieuse et de superviser son développement.
Marcial Maciel, alors séminariste, ayant reçu un appel de Dieu à fonder, a tenté plusieurs fois de démarrer un groupe dans ce but. Mgr. Francisco González Arias, évêque de Cuernavaca, a compris et encouragé cette initiative, qui lui paraissait venir de Dieu, et a approuvé le premier pas important de la Légion, la fondation de l’école apostolique de Tlalpan, au sein de son diocèse. Cette école a été créée comme "une extension du petit séminaire de l’évêché de Cuernavaca". En outre, et grâce à Mgr. González Arias, le petit groupe d’élèves a disposé depuis le départ de la reconnaissance et de l’approbation de Mgr. Luis María Martínez, archevêque métropolitain de la Ville du Mexique, lieu où fut établie l’école apostolique.
2. l’autorisation pour l’érection canonique
C’est la seconde étape. L’évêque diocésain écrit au Saint Siège et l’informe sur la nouvelle association et sollicite son autorisation pour l’ériger canoniquement comme congrégation religieuse. Cette demande doit être faite lorsque le groupe de fondation a donné des preuves qui garantissent dans la mesure du possible de leur capacité à se transformer en une congrégation religieuse, c’est-à-dire, capable de vivre par leurs propres moyens, de tendre objectivement vers la perfection chrétienne, de disposer de moyens apostoliques adéquates et un mode de vie en accord avec ce que l’Église comprend par vie consacrée. L’évêque doit fournir suffisamment d’informations dans sa demande, de sorte que le Saint Siège dispose des éléments nécessaires pour évaluer l’opportunité de l’approbation.
Mgr. Francisco González Arias a signé ce document le 1 décembre 1945, en exposant le chemin plein de promesses parcouru par la Légion depuis le 3 janvier 1941, après que Maciel Martial a été ordonné prêtre et alors que le groupe disposait de plusieurs membres prêts à rentrer au noviciat. Ce document était accompagné de lettres de recommandation de plusieurs évêques mexicains et d’un dossier complet remis par le père Maciel au Saint Siège lors de son premier voyage à Rome, en juin 1946.
3. l’approbation canonique
Avec la remise du Nihil Obstat (en latin : rien n’empêche), le Saint Siège déclare que rien n’empêche que l’évêque puisse ériger la nouvelle association comme congrégation religieuse de droit diocésain ; c’est l’approbation canonique. La fondation a dépassé sa première période d’essai. Le 25 mai 1948 l’évêque de Cuernavaca obtenait le Nihil Obstat pour ériger la nouvelle congrégation religieuse.
Les aspects constitutifs qui sont présentés au Sainte Siège, dans la demande de l’évêque - tels que le nom, l’habit, les fins apostoliques, par exemple - ne pourront pas être changés sans autorisation exprès du Saint Siège.
4. L’érection canonique
C’est l’acte effectué par l’évêque diocésain par lequel il donne une personnalité juridique à une congrégation religieuse, et déclare que l’Eglise la reconnaît comme honnête, licite et utile. La nouvelle congrégation est de droit diocésain, c’est-à-dire qu’elle dépend dans sa gestion de l’Évêque du diocèse qui accueille la nouvelle famille religieuse.
Le 13 juin 1948 a eu lieu l’érection canonique de la Légion par Mgr. Alfonso Espino et Silva, évêque de Cuernavaca. Pendant la même cérémonie, Mgr. Espino y Silva a reçu la profession religieuse du père Marcial Maciel. Ensuite, la père Maciel, en tant que Supérieur Général de la nouvelle congrégation, a reçu la profession de deux religieux légionnaires.
5. Decretum Laudis
Par le Decretum Laudis (décret de louange), le Saint Siège fait l’éloge et recommande une congrégation comme utile pour l’Église universelle, en l’admettant de droit pontifical. D’ordinaire, entre l’érection canonique et le Decretum Laudis, il se passe quelques années pendant lesquelles la congrégation doit donner des preuves suffisantes de son efficacité dans la sanctification de ses membres et dans l’apostolat au service de l’Église. En vertu de ce document, une congrégation religieuse cesse d’être de droit diocésain pour se transformer en congrégation de droit pontifical, c’est-à-dire, dépendant dans sa gestion directement du Saint Siège. Cela s’est produit le 6 février 1965, il y a quarante ans.
6. l’approbation des Constitutions
Parallèlement au processus d’approbation d’une congrégation religieuse, qui, pour le cas des congrégations de droit pontifical, s’arrête avec la remise du Decretum Laudis, doit s’effectuer le processus d’approbation temporaire ou définitif, par le Saint Siège, des constitutions de cette congrégation.
L’approbation définitive des constitutions des Légionnaires du Christ date du 29 juin 1983. Elle a été accordée par le Pape Jean Paul II.
(06 février 2005)