« Et pourquoi n’irais-tu pas étudier la bioéthique à Rome ? » Telle était la question que maman me faisait quand je lui parlais de mon orientation d’études pendant mon année de terminale.
Au début je ne portais pas attention à ce qu’elle me disait, ne sachant même pas ce qu’on pouvait bien étudier en faisant de la bioéthique, et surtout le fait même que ce soit à Rome me rendait la chose très lointaine.
Mais ensuite quand je me mis à réfléchir sérieusement à ce à quoi j’allais destiner ma vie, je me suis intéressée à cette possibilité. En effet, les sujets de bioéthique comme la procréation assistée ou l’euthanasie, et plus particulièrement l’avortement, m’avaient déjà beaucoup touchée durant mon adolescence, peut-être parce que mes parents avaient adopté une petite fille trisomique quand j’avais juste 11 ans. En effet, actuellement en France, environ 9 enfants trisomiques sur 10 sont avortés. Et cela me choquait profondément, car ma petite sœur trisomique est un vrai trésor pour moi.

La faculté Regina Apostolorum à Rome
J’ai donc commencé à me renseigner sur cette faculté Regina Apostolorum de bioéthique à Rome, tenue par les Légionnaires du Christ, cette congrégation où trois de mes frères sont maintenant séminaristes. Je n’oubliais pas de confier cela à Dieu, et, peu à peu, est née en moi cette certitude que c’était exactement ces études qui me conviendraient. Plus j’avais de renseignements sur la faculté Regina Apostolorum, plus j’avais envie d’y aller ! J’ai alors pris la décision d’aller étudier à Rome, sans savoir un mot d’italien, à tout juste 18 ans !
Je suis donc partie en septembre dans une charmante famille italienne, un mois avant la rentrée pour apprendre un peu l’italien avant le début des cours. Et j’ai ensuite pu commencer la première année de bioéthique. Et j’ai eu très vite la confirmation que je ne m’étais pas trompée de choix. En bioéthique, (l’éthique de la vie), est étudiée la moralité de tout ce qui touche à la vie, dans les techniques offertes par la science (la congélation des embryons, les techniques de procréation assistée...), dans le comportement humain (la contraception, l’euthanasie...), etc... Nous avons donc des cours de médecine, beaucoup de philosophie, de théologie, mais aussi de droit, de métaphysique, et tant d’autres. Cette faculté donne en effet une formation complète et solide, en sorte que finissant les quatre années d’études, nous sachions intervenir dans le monde avec des arguments sans faille, pour pouvoir répondre aux si nombreuses interrogations que soulèvent bien souvent l’incessant progrès de la science.
Et ce qui me plaît énormément, c’est de pouvoir étudier avec des personnes du monde entier, ce qui m’a permis d’ouvrir largement mon esprit, apprenant tant de nouvelles choses et connaissant tellement de nouvelles personnes. L’ambiance entre étudiants est vraiment extraordinaire : amitié, entraide dans les études, moments de prière ensemble, détente dans les rues de Rome ou sur la plage au soleil, pas très loin de la ville. Et comme la faculté est tenue par les Légionnaires du Christ, nous avons la possibilité d’une vraie vie de prière. Il y a à l’université 3 messes par jour afin que chaque étudiant puisse y aller entre les cours, des prêtres sont disponibles pour les directions spirituelles et confessions, nous avons même une heure d’adoration « pour la vie » tous les jeudis. En quelques mots, le milieu est vraiment porteur à la croissance intellectuelle, morale, spirituelle et humaine.
Après cette première année, je ne regrette vraiment pas le choix que j’ai fait de « me jeter à l’aventure ». Bien sûr j’ai laissé derrière moi ma famille, mes amis, mon pays..., tout ce que je connaissais ! Mais j’ai tellement reçu pendant cette première année à Rome dans cette faculté et j’aime tellement ce que j’étudie que je remercie Dieu de m’avoir donné le courage de partir à l’aventure. « N’ayez pas peur ! » disait Jean Paul II. En effet, n’ayons pas peur de répondre aux appels que Dieu nous lance, même s’ils paraissent assez fous, même s’il nous semble que jamais nous n’en serons capables. Car Dieu veut le meilleur pour nous, il nous comble infiniment, et jamais Il ne nous abandonnera.
Marie-Marthe Fornerod
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