Que ton Règne vienne !
Rome, le 22 mai 2004
Chers amis en Jésus-Christ :
C’est avec une joie toute particulière que je m’adresse à tous les membres et amis du Regnum Christi qui se sont donnés rendez-vous aujourd’hui à Paris, pour participer à la 5ème fête des familles et des jeunes. J’aimerais faire parvenir à chacun mes plus vives salutations, et mon désir ardent que ces deux journées vous confirment dans votre vocation de chrétiens engagés au service de l’Eglise dans ce mouvement d’apostolat.
Je ne cesse de m’émerveiller chaque jour un peu plus de la grandeur du plan de Dieu sur la Légion du Christ et le Regnum Christi, et du caractère providentiel de sa mission dans les temps qui sont les nôtres. Il y a plus de soixante ans, le Maître de la moisson a jeté la semence du Règne sur la terre mexicaine, bénie par la présence de Marie et arrosée du sang de ses martyrs. Avec le temps, cette semence a grandi. Très vite, cette petite plante fragile s’est convertie en « arbre généreux et garni qui reçoit en son sein de nombreux prêtres, consacrés et laïcs dont l’idéal est de donner leur vie pour l’extension du Règne du Christ dans le monde », comme nous avons pu l’entendre des paroles mêmes du Vicaire du Christ, le Pape Jean Paul II, pendant l’audience qu’il nous a concédée à l’occasion du soixantième anniversaire de notre fondation.
En effet, mes chers amis, notre Mouvement est aujourd’hui cet arbre garni qui étend ses branches à de nombreux pays, et dans lequel, par dessein éternel et mystérieux de Dieu, vous avez aussi trouvé refuge et soutien. Cette vitalité de l’action de Dieu dans le Regnum Christ commence déjà à se faire sentir dans cette chère nation, si privilégiée par son énorme richesse culturelle et chrétienne, et se manifeste avec force dans la sainteté de ses membres et dans la croissance et dynamisme de ses œuvres d’apostolat, au service de l’Eglise, en étroite communion avec les évêques et les curés. De tout cela j’ai pu me réjouir lors de ma dernière rencontre avec vous, dont je conserve un souvenir inoubliable.
Ce ne sont pas les conditions de santé ni l’âge, ni la disponibilité de temps, ni les propres qualités et ressources matérielles, qui déterminent la fidélité à notre vocation chrétienne et l’accomplissement de la mission confiée par Dieu au service de l’Eglise, mais c’est la force irrésistible de l’amour et de la foi vive en Jésus-Christ.
Le Saint Père en est pour nous le témoignage éloquent , signe de contradiction, blessé par la maladie, disposé à charger sus ses épaules, jusqu’au dernier soupir, le poids de l’Eglise. Ceci demande d’être fidèle, d’aimer Dieu plus que soi-même, de se donner sans limites. Le Vicaire du Christ est pour nous un exemple clair et manifeste du don que Dieu attend de nous. Marcher au pas de l’Eglise et du Pape exige, outre le fait de prier et de se sacrifier pour la santé et les intentions du Saint Père, d’être prêt à porter la croix de notre vie chrétienne dans le même sens. Ses paroles et le témoignage de sa vie représente pour chacun de nous un appel à l’espérance, au milieu de la confusion qui nous entoure, et une invitation à repousser les lamentations stériles, et à nous mettre au travail : « levez-vous, allons ! » comme le résume le titre de son récent livre autobiographique.
Je ne souhaiterais pas terminer ces quelques lignes sans vous adresser une fervente invitation à renouveler devant le Christ, en cette occasion solennelle, en tant qu’individus et aussi en tant que famille du Regnum Christi, votre engagement à vivre avec radicalité et authenticité le charisme de la charité évangélique que Dieu nous a confié. Un don précieux comme vous le savez. Un don que nous devons vivre avec tout notre cœur et notre intelligence, avec toutes nos paroles et nos actions, si vraiment nous voulons aimer Dieu « de tout notre cœur, de toute notre âme et de toutes nos forces » (cf, Dt. 6, 4-7).
N’oubliez jamais, mes chers amis, que le commandement de la charité constitue « la grande parole » que le Christ est venu nous transmettre en son Incarnation, et le résumé de toute sa doctrine. Cette parole, nous devons la conserver et l’incarner dans notre propre vie. Si vous voulez donc connaître le degré de votre sainteté et votre amour envers Dieu, faites l’analyse de votre amour réel et concret envers tous vos frères. La stature de votre vie chrétienne et de votre appartenance au Regnum Christi se mesurera toujours par la qualité de votre amour.
Vu mon âge déjà avancé, le Regnum Christi est plus à vous qu’à moi : faites-le donc avancer avec le même courage, la même ardeur et le même enthousiasme que les premiers qui ont cru au plan de Dieu et ont accepté de mourir à eux-mêmes pour en faire une réalité.
Avec l’assurance de ma prière et ma bénédiction sacerdotale, votre humble serviteur et Jésus-Christ,
Marcial Maciel, L.C.