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Spiritualité

Bonnes vacances à tous !

Toute l’équipe du site Regnum Christi vous souhaite d’excellentes vacances. Notre lettre d’information bimensuelle reprendra le 15 août. En revanche cette année, et suite à vos nombreuses demandes, les méditations quotidiennes continueront à vous être envoyées tout l’été.

Nous prenons cette occasion pour publier à nouveau une lettre du père Marcial Maciel datant de juin 2005 sur la meilleure manière de faire de nos vacances un moyen de sanctification et une occasion de nous enrichir nous-mêmes et d’enrichir les autres.

Que ton Règne vienne !

Marcial Maciel, L.C.

22 juin 2005

Aux membres du Regnum Christi,

Très estimés en Jésus-Christ,

A cette époque, beaucoup d’entre vous pensent aux vacances d’été qui sont toujours très bénéfiques et nécessaires et s’en réjouissent déjà au fond de leur cœur. J’ai donc pensé qu’il serait très utile de réfléchir un peu avec vous sur le sens de ce temps de repos et la façon de vivre nos vacances de façon chrétienne, en vous proposant quelques considérations pratiques pour nous aider à en profiter de façon plus fructueuse.

Pour beaucoup, les vacances sont une sorte d’évasion, un temps neutre particulier, libre d’engagements, dont l’unique finalité est, comme le nom le suggère "la distraction et l’amusement". Avoir passé de "bonnes vacances" signifie avoir pu remplir, avec un minimum d’imprévus et d’inconvénients, le projet de repos et de distraction qu’on s’était tracé. Certains pourront peut-être estimer que ce thème manque d’intérêt. Pourtant, si vous l’analysez bien, notre temps de repos a une plus grande importance qu’il n’y paraîtrait à première vue. En grande majorité, les gens consacrent une partie importante de leur vie au repos (vacances d’été, de Noël et de Pâques, fins de semaines, fêtes...).

Donc, il n’est pas mauvais de nous demander quel est, pour un chrétien, le sens de ce temps si considérable dans notre vie. A ceux qui faisaient du repos sabbatique un absolu au détriment de la charité, Jésus-Christ disait que « le sabbat a été institué pour l’homme et non l’homme pour le sabbat ». Et aussi que « le Fils de l’homme est maître du Sabbat » (cf Mc 2, 27-28 ; Mt 12, 1 et ss.). Nous pouvons affirmer, de même, que nous ne pouvons pas vivre pour les vacances, c’est-à-dire, faire du temps de repos une fin en soi, mais, au contraire, nous devons faire de notre repos un moyen de sanctification et une occasion de nous enrichir nous-mêmes et d’enrichir les autres.

Il est évident que le premier but des vacances est la récupération des forces physiques tout en contribuant à l’équilibre mental et psychologique tellement nécessaire, surtout après un rythme de travail intense et prolongé. C’est la raison pour laquelle il est très recommandé d’interrompre les occupations ordinaires, voire même de quitter l’ambiance de notre vie quotidienne.

Mais pour un chrétien, ce temps de repos a une autre finalité et une richesse encore plus grandes. La période des vacances est un temps que Dieu nous donne, un talent que nous devons faire fructifier, parce que le temps, chaque instant, est le principal moyen dont nous disposons pour réaliser notre mission sur la terre. Le repos ne peut donc être un temps "d’inaction" au sens de temps vidé de son contenu, comme une évasion face à nos responsabilités personnelles ; mais ce doit être un moment d’amusement et de distraction permettant une croissance humaine et spirituelle, l’enrichissement mutuel en famille et entre amis. Ce doit être un moment à partager avec les autres, pour le service et l’apostolat. Les vacances, donc, ne sont pas un temps pour se vider mais au contraire, un moment pour se remplir.

Le monde nous propose, fréquemment pour de simples intérêts commerciaux, une quantité de distractions qui, très souvent, se fondent dans la superficialité, la banalité, et même avec la transgression. Le type de repos que doit choisir un disciple de Jésus-Christ doit refléter son échelle de valeurs chrétiennes, c’est-à-dire que cela exige de sa part une révision de son concept de vacances et même, l’oblige à poser des choix opposés à l’ambiance ou à la mode.

Jésus savait aussi organiser ses temps de repos et il savait de même faire reposer ceux qui étaient avec lui. Plus d’une fois, nous le voyons provoquer la surprise de ses apôtres, leur donnant l’occasion d’un changement de projets et d’aller au lac de Tibériade ; il connaissait parfaitement leur intérêt pour la mer, eux qui étaient pêcheurs. Jésus aimait être avec ses amis et leur consacrait la majorité de son temps et de sa personne : par exemple, aux Noces de Cana (cf Jn 2, 1 et ss.) ou bien, lors de ses fréquentes rencontres avec la famille de Pierre à Capharnaüm où, - comme le signale l’Evangile - il se sentait comme chez lui (Mc 2, 1 ; 9, 33). En allant à Jérusalem, nous savons que chaque fois qu’il le pouvait, il aimait s’arrêter chez ses amis, Marie, Marthe et Lazare, envers lesquels il éprouvait une particulière amitié (cf Jn 11, 36). En cette maison de Béthanie, il avait l’habitude de se reposer des fatigues du voyage et il se sentait à l’aise (cf Jn, 12 et ss.). Il consacrait aussi une bonne partie de son temps au repos, prenant quelques heures sur son sommeil, pour avoir de longs entretiens avec son Père (cf Lc 6, 22).

Tous sortaient enrichis de ce temps de vie commune et de ce repos avec Jésus qui cherchait toujours à laisser une semence d’éternité, une parole de lumière, un désir au fond du cœur. Il était également capable de renoncer à ses propres moments de repos mérité pour aller secourir les besoins matériels et spirituels des multitudes (cf Mt 14, 13-23) ou de toute personne rencontrée, y compris pendant la nuit, comme pour Nicodème (cf Jn 3) ou à l’heure des repas et sous un soleil brûlant, comme pour la Samaritaine (cf Jn 4, 1-42). Pour lui, chaque instant, y compris ceux de repos, était un temps qui lui avait été donné par son Père pour réaliser une mission, un temps pour aimer, un temps à investir en faisant le bien pour les autres.

Je crois que le passage où Jésus se trouve chez Marthe et Marie (cf Lc 10, 38-42) peut beaucoup nous apprendre à ce sujet. Quelquefois, notre repos n’est pas très différent de notre suractivité quotidienne ; mis à part les lieux et les conditions, nous sommes, comme Marie, inquiets de pouvoir mieux profiter, et même, de profiter davantage d’un grand nombre de choses, pour "profiter au maximum de mes vacances". Et peut-être nous lançons-nous à la recherche de lieux plus exotiques, permettant de nouvelles sensations ; la réussite de nos vacances dépendra de la plénitude en quantité, mais pas en qualité, du temps passé, des choses, et non des personnes, avec lesquelles nous partageons notre temps de repos.

En définitive, peut-être que le plus important nous échappe et nous oublions l’essentiel. Ce qui fait la différence entre telles ou telles vacances, c’est le puits de richesse intérieure que nous portons, au-delà de l’aspect circonstanciel et anecdotique, et cela dépend en grande partie de l’idée que nous avons de nos vacances, du concept même de notre temps de repos. Cette "meilleure part" de vacances que, comme pour Marie, nous ne devons permettre à personne, ni à aucun évènement, de nous arracher, est essentiellement formée de trois éléments que je me permets maintenant de vous exposer :

1) Les vacances : un temps de réflexion et de prière

Il n’existe pas de vacances pour l’âme ni de parenthèses dans la vie spirituelle. Les vacances qui, pour beaucoup d’entre vous, commenceront dans les jours qui viennent, si elles ne sont pas "dépensées" en dissipation et en simples distractions, peuvent devenir une merveilleuse occasion d’approfondir votre amitié avec le Christ et d’allonger un peu les temps consacrés à la prière, à la réflexion ou à la méditation, soit individuellement, soit en famille ou avec les amis, redécouvrant ainsi le primat de la vie intérieure, thème dont je vous ai parlé dans la lettre que je vous ai adressée à l’occasion du Christ Roi (cf Rome, 1 octobre 2004).

Nous avons parfois, en cours d’année, certaines difficultés pour trouver un moment que nous aimerions consacrer à Dieu, dans le calme. Les multiples occupations et le rythme accéléré de la vie ne permettent pas toujours de s’occuper de la dimension spirituelle. Ce grand alpiniste de Dieu et infatigable pèlerin de l’humanisme et de l’esprit que fut le Pape Jean Paul II, nous a permis de trouver toujours un témoignage éloquent de ce qu’est l’emploi fructueux du temps de repos, compris comme temps pour Dieu.

"Dans ce havre de paix, devant le merveilleux spectacle de la nature - nous disait le Pape -, on fait facilement l’expérience de ce bienfait qu’est le silence, ce bien qui devient de plus en plus rare aujourd’hui. Les nombreuses occasions de relations et d’information qu’offre la société moderne peuvent souvent, en empêchant les gens de réfléchir et de prier, nous faire perdre la dimension du recueillement. En réalité, ce n’est que dans le silence que l’homme peut entendre, au plus profond de sa conscience, la voix de Dieu qui le rend véritablement libre. Les vacances peuvent aider à redécouvrir et à cultiver cette indispensable dimension intérieure de l’existence humaine" (Angélus, 11 juin 2004).

Silence, réflexion, prière... parfois ces réalités peuvent avoir pour nous des connotations un peu négatives, comme quelque chose qui limiterait la spontanéité et la joie, ou même comme s’il s’agissait d’une activité pesante et ennuyeuse qu’il faudrait supporter avec patience et en essayant de la limiter au strictement nécessaire. Nous devons redécouvrir la richesse du silence, retrouver la beauté de ces moments de prière, le goût pour une saine solitude, condition indispensable d’un dialogue profond et fécond avec soi-même et avec Dieu. Le plus grand climat de sérénité des vacances nous offre un moment favorable d’approfondir cette facette importante.

Les vacances nous donnent, par exemple, la possibilité de profiter d’un temps plus long pour être avec le Christ Eucharistie ou pour une fructueuse lecture spirituelle. Vous êtes ainsi un grand nombre à vivre cette réalité de façon très naturelle. Certains membres du Regnum Christi se retrouvent et s’entendent pour participer ensemble à la messe dominicale ou remplir leurs engagements de prières. Je connais des jeunes ou des parents qui, au lieu de réciter un mystère, récitent un chapelet complet lorsqu’ils sont en vacances, ou bien, consacrent un quart d’heure à la lecture et à la réflexion évangélique, au lieu d’y consacrer dix minutes. Ils réservent aussi un temps plus long à la méditation quotidienne, soit devant le Christ Eucharistie, soit en face de la beauté de la création. Il y a encore de nombreuses autres façons de vivre les vacances comme Marie, attentifs à la "meilleure part" ; ce sont des moments qui permettent de sanctifier le temps de repos (cf Gn 2, 3), mettant Dieu avec nous pendant nos vacances.

2) Vacances, temps d’enrichissement personnel et familial.

Il n’y a pas non plus de vacances pour la formation permanente personnelle. Exactement comme pour la vie biologique, nous devons grandir et progresser sans arrêt. C’est un autre moyen intelligent de nous reposer, en plus de refaire nos forces, nous distraire et nous maintenir en forme, il nous enrichit et nous aide à grandir en tant que personnes et comme chrétiens. Les vacances nous offrent une belle occasion de réaliser, par exemple, les activités auxquelles nous ne pouvons pas nous livrer en cours d’année, ou tout au moins, nous y livrer dans le calme et avec l’intensité que nous désirerions.

Le choix que nous avons fait du lieu de nos vacances, qui dépendent aussi de notre situation économique et de nos goûts personnels, n’est pas indifférent du tout. Il est évident qu’il y a des lieux et des ambiances qui favorisent davantage des vacances "de qualité", pour l’enrichissement humain et spirituel, offrant des occasions de vie en commun plus agréables, mais il y a aussi d’autres ambiances où ce sera moins facilement possible et, même, selon un jugement prudent, qui seront à déconseiller. Nous devons être très honnêtes et très sages pour choisir les lieux, les modalités et les ambiances de repos qui nous aideront, plus et mieux, personnellement ou en famille, à vivre de bonnes et saines vacances.

Il n’y a pas de doute que le contact avec la nature, surtout pour ceux qui vivent habituellement dans les grandes villes, ou en des endroits où ils ne peuvent en profiter, est "une véritable école de vie" comme nous l’affirmait Jean Paul II, surtout pour les enfants et pour les jeunes. "Chaque fois que j’ai la possibilité de venir à la montagne et de contempler ces paysages, - nous disait le Pape de sa maison de vacances d’été, dans la région du Val d’Aoste - je rends grâce à Dieu de la majestueuse beauté de la création. Je lui rends grâce pour sa Beauté, dont le monde n’est qu’un reflet, capable de fasciner les hommes attentifs et de les pousser à louer sa grandeur. La montagne, en particulier, représente non seulement un paysage magnifique à contempler, mais c’est aussi une école de vie. Là, nous apprenons à faire les efforts demandés pour atteindre un but et à nous entraider dans les moments difficiles, à goûter ensemble les moments de silence et à reconnaître notre propre petitesse dans cette ambiance majestueuse et solennelle" (Angélus 11 juillet 1999).

Mais il faut aussi discerner comment bien occuper notre temps de repos. Comme il est important d’entretenir, en nous-mêmes et chez nos enfants, les valeurs et les biens spirituels qui dépassent les biens purement matériels : l’être au lieu de l’avoir ! Savoir redécouvrir le goût des choses simples dont la richesse ne se trouve pas toujours dans les choses sophistiquées ! Un bon livre, par exemple, peut être un excellent compagnon de vacances ; nous pouvons aussi développer nos goûts musicaux, artistiques, culturels ou sportifs. Nous pouvons de même, apprendre à juger les réalités qui nous entourent en analysant en famille, un bon film ou un bon documentaire, par exemple. Il faut avoir l’idée, l’initiative, et parfois secouer un peu une certaine paresse qui pourrait s’infiltrer, pour ouvrir nos horizons à d’autres choix utiles et profitables.

D’une façon spéciale, les vacances sont un temps par excellence pour la vie de famille. Malheureusement, les occupations de notre vie quotidienne ne nous permettent pas de vivre, comme nous le voudrions, avec ceux que nous aimons. Très souvent, les occupations de chacun obligent la famille à ne se réunir qu’en fin de journée, alors que, fatigués et rentrant du travail, les circonstances ne sont pas forcément les meilleures pour une conversation de couple ou pour être avec les enfants. Et même, parfois, ces moments de vie commune ressemblent davantage à une coexistence entre plusieurs personnes habituées à dormir sous le même toit mais dont les conversations ne dépassent pas le stade de l’anecdote. Jamais, comme aujourd’hui, les moyens techniques et les possibilités de communication dont dispose l’homme, n’ont été aussi nombreux et, curieusement, il semblerait que ce soit maintenant l’époque à laquelle on sait le moins dialoguer en famille ou en ménage.

Il faut apprendre l’art difficile de la communication, savoir écouter et parler avec le conjoint et avec les enfants. Les vacances, précisément, nous offrent des moments un peu plus longs et plus tranquilles pour être ensemble : elles représentent une merveilleuse occasion de pouvoir le faire. Comme les enfants sont heureux et remercient quand ils peuvent jouer avec leur père et leurs frères ! Comme vos jeunes enfants ont besoin, surtout au moment difficile de l’adolescence, d’une relation meilleure et plus profonde avec leurs parents (spécialement la relation père/fils et mère/fille), qui dépasse le niveau des indications ("fais ceci", "arrête de faire cela") et qui n’en reste pas à une connaissance épidermique de l’autre ! Cependant, tous ne pourront pas toujours accorder un temps plus long à leur famille mais, ils pourront alors, à l’occasion des vacances, se donner mieux à leur famille.

On pourrait prévenir et trouver une solution à de nombreux problèmes si les enfants pouvaient avoir des parents avec lesquels converser comme ils veulent, en toute confiance, sur n’importe quel thème, sachant qu’ils seront toujours écoutés et compris, sans peur de représailles et sans demi-vérités. Les enfants doivent toujours trouver une autorité chez leur père ou chez leur mère, mais surtout un ami, un confident, un exemple à imiter malgré ses défauts et ses limites : quelqu’un d’exigeant parce qu’il aime ses enfants et qu’il veut le meilleur pour eux. Vivre en commun et partager : c’est peut-être le cadeau le plus précieux que le ménage peut se faire, les meilleures vacances qu’il peut aussi donner à ses enfants.

Les périodes de repos, surtout en été, nous offrent une occasion magnifique pour poursuivre notre formation humaine, spirituelle et apostolique.

Un excellent moyen pour tous et en particulier pour les adolescents et les jeunes, sera de participer aux petites sessions de formation et aux "conventions" d’été de l’ECYD et du Regnum Christi. Ces rencontres sont peut-être les occasions de formation intégrale les plus intenses et les plus fructueuses que puisse recevoir un membre du Regnum Christi. Je considère qu’un jeune qui aime vraiment Jésus-Christ, qui veut connaître davantage sa foi et se préparer à la vivre dans le monde d’aujourd’hui, qui ressent comme sienne la mission d’apôtre que Dieu lui a confiée et veut y persévérer, devra habituellement, sauf pour raisons majeures, participer à ce rendez-vous annuel si plein de grâce que Dieu lui offre.

Chers jeunes du Regnum Christi, cela vaut la peine, je ne dis pas de "sacrifier", mais "d’investir" une partie de vos vacances dans ces petites sessions de formation et de vie en commun qui, dans une ambiance de distractions et de saine amitié, vous offrent une infinité de possibilités d’enrichissement personnel, et que, si vous l’analysez honnêtement, vous pourrez difficilement recevoir autrement.

La dernière recommandation que je voudrais vous faire, chers jeunes, en tant que prêtre et ami, est de ne pas profiter de vos vacances pour jeter vos convictions et vos valeurs par la fenêtre ni pour exposer témérairement votre vie de grâce. Il y a de nombreuses façons de se distraire, de passer du bon temps, sans être obligé d’être soi-même à la limite d’offenser Dieu ou d’exposer les autres à l’offenser. Comme c’est dommage qu’il y ait des jeunes qui ne sachent se distraire et passer leurs vacances autrement qu’en sacrifiant leur vie de grâce, leur amitié avec le Christ et leur dignité de personne humaine et de fils de Dieu ! Si au moins, de cette façon, ils pouvaient être réellement heureux et se sentir comblés ! Mais, même pas !

Moi, je vous invite à être prudents. Ne tombez pas dans la naïveté ni dans la bêtise insensée de jouer avec le feu, avec des amitiés ou la fréquentation d’ambiances qui pourraient être pour vous des occasions proches de chute. Loin d’être un signe de faiblesse ou de lâcheté c’est un geste de cohérence et de noble maturité qui exige, au contraire, un grand courage et beaucoup d’amour de Dieu. Donc, comme c’est important de savoir bien employer son temps de vacances, se reposant de façon active et constructive, sans tuer le temps dans l’oisiveté, occupé à ne rien faire.

3) Vacances, un temps pour faire quelque chose pour les autres

Au fond du cœur d’un authentique apôtre, aimant Jésus-Christ, il n’y aura jamais un écriteau disant : "Fermé pour cause de vacances" ou "Temps réservé, ne pas déranger". Celui qui aime, celui qui se sait envoyé, qui vibre intérieurement pour la mission, ne peut pas ne pas transmettre le Christ là où il se trouve. A la montagne ou à la plage, avec ses amis ou en famille, au bal ou au cours d’une fête... Tout lui est occasion pour communiquer le Christ, pour témoigner, avec naturel et simplicité, ce qu’il est et ce qu’il porte dans le cœur. Il n’y a ni lieu ni espace véritablement humain qui soit loin du Christ et qui ne soit susceptible d’évangélisation.

Pour le chrétien, pour le membre du Regnum Christi, il n’y a pas de vacances du don de lui-même aux autres. Grâce à Dieu, le nombre de laïcs dans l’Eglise, enfants, jeunes et familles, qui mettent en place une culture de solidarité et de charité est de plus en plus grand. Pour eux, le temps de repos, le temps des vacances, est synonyme de temps pour les autres.

En ce sens, les missions d’évangélisation pendant la Semaine Sainte représentent un très bel exemple. Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de missionnaires y participent. Je me souviens qu’un jour, quelqu’un me disait qu’il avait l’habitude, le 31 décembre, d’aller avec toute sa famille aider les gens pauvres ou apporter un peu de réconfort et de joie dans les hôpitaux et les asiles, pour apprendre à ses enfants que la meilleure façon de terminer l’année était de vivre la charité en soulageant les autres. Je me souviens aussi du témoignage de jeunes du Regnum Christi qui, pendant la journée de Carnaval, organisaient un "carnaval alternatif" consistant en une journée d’adoration eucharistique ou de missions humanitaires et d’évangélisation dans sa paroisse. Grâce à Dieu, les exemples ne manquent pas et pourraient être multipliés à l’infini.

Très chers membres du Regnum Christi, voulez-vous vraiment faire l’expérience de ce que signifient des vacances heureuses ? Cherchez à rendre heureux tous ceux qui vous entourent et vous trouverez la réponse. Parfois les petits détails et les gestes les plus insignifiants suffisent pour y arriver : montrer un véritable intérêt, faire que l’autre se sente accueilli, savoir écouter, sourire, se soucier des besoins des autres, tout simplement, les intéresser à tout ce qui est à ma portée, etc. Que de moyens si simples et véritablement à portée de main, de vivre le véritable esprit de charité ! Le repos est bien meilleur quand tout le monde cherche à faire reposer les autres, à penser aux autres plus qu’à soi-même.

Et là, l’exemple de la très sainte Vierge Marie vaut bien mieux que toutes les paroles du monde. Pour elle, être en famille, avec sa cousine Elisabeth, était une occasion de servir et de se dépenser pour les autres. Une fête ou un repas de noces était une occasion de remédier à la probable humiliation de ces jeunes mariés de Cana et de leur famille. Elle le faisait sans témoin et sans chercher de remerciements parce que le bonheur des autres était, pour elle, sa meilleure récompense, le plus grand "merci" qu’elle pouvait recevoir.

Que d’occasions nous offrent les vacances pour témoigner de notre vie chrétienne, à commencer par notre famille et nos amis ! Etre sel, lumière, ferment dans la pâte, là où nous sommes. Je me souviens d’un jeune garçon qui m’exposait d’un air triste, ses difficultés pour rester dans une ambiance de fête qui, selon ses dires, était "pesante". Je lui ai demandé : "Et que fais-tu pour changer cette ambiance, pour être le sel, la lumière, le ferment, pour créer, si besoin, d’autres climats, d’autres formes de saines distractions ? On ne peut pas vivre toujours sur la défensive, il faut des jeunes courageux, ayant un élan positif.

Et vous, garçons et filles de l’ECYD et du Regnum Christi, si vous le voulez, vous pouvez aussi transformer l’ambiance, créer un style de distractions meilleur et différent, une façon saine et respectueuse de relations entre vous. Vous pouvez être un jeune moderne et en même temps fidèle au Christ. N’oubliez pas ce qu’avait dit le Pape Jean Paul II : "Si vous êtes ce que vous devez être, vous mettrez le feu au monde entier !"

Que de contacts avec les personnes, avec les amis, pour celui qui sait être attentif, pour celui qui sait vivre en attitude de mission, peuvent devenir une occasion de semer le bien en eux, de déposer un peu de curiosité spirituelle, de les approcher du Christ. Comme le monde serait différent si chaque chrétien se proposait de laisser toujours un message positif aux autres en toute conversation, même si elle n’est pas strictement spirituelle. Qu’il ne se passe pas un jour sans que vous ayez parlé du Christ à quelqu’un.

Je termine en me faisant l’écho des paroles par lesquelles le Pape Jean Paul II nous exhortait au début de la période des vacances, il y a déjà de nombreuses années : "N’ayez pas peur, chers frères, d’ouvrir votre temps au Christ !" (Angélus du 5 juillet 1998). N’ayez pas peur, chers jeunes et chères familles du Regnum Christi, d’ouvrir votre temps de repos au Christ, de faire de vos vacances un temps pour Dieu, temps pour les autres et temps pour votre enrichissement personnel et familial.

Confiant le fruit de ces réflexions à la très Sainte Vierge, je vous souhaite de saintes et heureuses vacances. Tout en vous renouvelant mes salutations, je vous quitte et vous assure de mon souvenir dans ma prière.

Avec ma bénédiction sacerdotale, je reste votre dévoué serviteur en Jésus-Christ.

Marcial Maciel, L.C.




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