Nous partons à Sâacy-sur- Marne, un peu comme si nous partions à l’aventure dans notre voiture familiale. Tous les sentiments se mélangeaient dans cette voiture : la nonchalance de l’adolescence, le désir d’un Triduum Pascal recueilli, l’interrogation face à l’inconnue d’une nouvelle situation. Tel était l’état d’esprit dans lequel nous nous dirigions vers Les Missions.

Nous partons à l’aventure !
Là, sous la houlette des laïques consacrées et sur la direction du Père Piotr, curé de la paroisse, amis des Légionnaires du Christ et du Mouvement, nous sommes en mission. Tous ensemble, nous allons de maison en maison, de portes qui claquent en portes qui s’ouvrent, de mécontents en souriants, de ronchons en accueillants. Nous invitons les habitants à se joindre à nous pour la Veillée Pascale et la messe du dimanche de Pâques afin de célébrer dans la joie et en union avec la Vierge Marie, la Résurrection de Notre Seigneur.
Semblable aux apôtres envoyés par Notre Seigneur annoncer le Règne du Christ, nous sommes partis en mission pour annoncer la bonne nouvelle ! Dieu seul sait si la moisson fut abondante... et que de souvenirs dépoussiérés et de flash-back avons nous fait revivre dans les cœurs de ceux qui nous ont reçus ! Souvenirs et témoignages parfois bien émouvants !...

une famille en mission
Le souvenir de cet homme bien âgé, se remémorant ses années de service comme enfant de chœur !... -« Dans l’temps, nous avions des aubes rouges avec des surplis blancs à dentelle.. » Puis son regard s’évade au loin et il semble tout à coup ignorer notre présence !
Et celui-ci : "Ah ! La messe à Bassevelle dites-vous ? Là-bas comme à Saacy, c’est moi qui ai fait le clocher dans le temps ... Oh je me souviens ! Avant de monter le coq sur le clocher, je le mettais sur la paille à l’arrière de ma camionnette et je faisais le tour du village rue par rue. Les villageois, les femmes et les enfants surtout, embrassaient le coq ; c’était la coutume !"
D’autres témoignages aussi prouvent un manque d’Espérance et d’Abandon.... Certains ont aussi le courage de nous dire que nous chrétiens, nous manquons parfois de joie et d’audace ! Que notre démarche d’aujourd’hui est géniale, et qu’on devrait le faire plus souvent ! Alors, nous réitérons notre invitation, nous allons même jusqu’à leur proposer de venir les chercher et de les ramener... Nous leur laissons la feuille avec les différents horaires des Offices, une image d’une Station du Chemin de Croix et parfois un chapelet leur proposant de le réciter en famille à l’heure où nous serons à l’office du soir s’ils ne peuvent pas venir !...

De maison en maison...
Nous avons compris ce jour là, combien il est dur d’essuyer refus sur refus avant qu’une porte ne s’ouvre ! Chaque jour, chaque fois que nous ne choisissons pas le Christ dans notre vie de tous les jours, chaque fois nous fermons une porte ...
Le Vendredi soir, après l’office de l’Adoration de la Croix, le Chemin de Croix se déroule en plein air à travers la ville. Habitants et commerçants y participent, chacun à sa manière. Devant les portes des maisons, ou les devantures des commerçants, nous suivons pas à pas Notre Seigneur Jésus-Christ allant de stations en stations. Certains ont installé une reproduction de la Passion sur une table, parfois recouverte d’une nappe blanche, encadré de bougies et orné d’un petit bouquet de fleurs.
A chaque station, une méditation préparée par les laïques consacrées ou les missionnaires, est lue par un jeune de l’ECYD . Entre chaque station, la Croix est portée par un paroissien, un élève de l’Ecole Apostolique ou encore par un missionnaire. Nous cheminons en chantant des cantiques en suivant des lumignons rouges ou blancs déposés sur les murets des jardins. Toute la ville est là ; les badauds s’arrêtent, les curieux ouvrent leurs fenêtres. Chacun nous regarde passer et nous écoute chanter.
Le samedi nous continuons notre mission. Les expériences de la veille, nous ont déjà fortifiés et les portes qui se ferment, le refus de nous ouvrir ou de nous écouter sont autant de petites mortifications que nous pouvons offrir joyeusement au Christ qui habite en nos coeurs... La journée s’écoule rapidement. Le Père Chad,L.C. nous a rejoint pour nous confesser et nous avons la grâce de pouvoir adorer Jésus-Eucharistie au Reposoir.
C’est la grande force de ces quelques jours ! En effet, depuis la Cène, il y a Adoration Perpétuelle !...
L’heure de la Veillée Pascale est arrivée. Après la "danse du feu" sur le parvis de l’église, qui éveille chez certains le souvenir des veillées scoutes, nous rentrons en procession derrière le Père Piotr qui chante d’une voix haute et claire : " Lumière du Christ " .

la bénédiction du feu lors de la veillée pascale
Maintenant l’église est pleine ; à droite les premiers rangs sont occupés par de nombreux enfants, à gauche, c’est la chorale qui occupe les premiers rangs . Dirigée d’une main de maître et musicienne, toutes ces voix qui s’élèvent vers Dieu, nous aident à proclamer la Résurrection du Christ et chanter la Gloire de Dieu au son des cloches qui tintent, agitées par les enfants de choeur . Les voix résonnent sous les voûtes des nefs de la petite église de Bassevelle .
C’est donc remplis de la joie d’avoir pu accompagner Notre Seigneur pendant ce Triduum Pascal, que nous reprenons chacun notre place dans la voiture familiale pour retourner chez nous...
...Et nous sommes déjà les premiers partants pour les missions de l’année prochaine !