Chaque jour il était devenu plus fréquent pour moi de rencontrer des gens, des amis - et d’autres moins amis - qui se disaient surpris par de jeunes prêtres ou des séminaristes des légionnaires du Christ. Ils n’étaient pas seulement surpris parce qu’ils savaient se coiffer dignement, avec un habit impeccable et des chaussures cirées. Ce qui les marquait le plus, c’est leur joie, leur sourire constant, leur optimisme et leur enthousiasme, si souvent contagieux.
Mais aujourd’hui, 31 janvier 2008, j’ai découvert une facette de leur personnalité humaine et de leur cœur sacerdotal, que je n’aurai jamais imaginé : les légionnaires du Christ savent aussi pleurer. Mais ils pleurent d’une façon différente, car lorsqu’ils pleurent, ils sont heureux et ils nous enseignent à pleurer d’une manière nouvelle.
Cet après-midi un légionnaire est venu me trouver pour me dire, les larmes aux yeux : « Le Père Maciel est parti vers le Père » . Un nœud dans la gorge est peu dire pour exprimer ce que cet homme portait au fond de lui. Mais il me le disait avec un caractère, une certitude et une paix tels que cela a confirmé en moi l’image si formidable que j’avais déjà d’eux. Aujourd’hui j’ai vu un homme pris d’entre les hommes, visiblement très ému, touché par la mort de son bien-aimé fondateur, mais avec le cœur joyeux et dans la paix.
Un peu plus tard, j’ai su que le Père Marcial Maciel, LC avait l’habitude de dire que les larmes, quand elles sont sincères, sont la meilleure prière que nous pouvons élever vers Dieu. Aujourd’hui, je m’exprime avec un profond sentiment de proximité, d’adhésion, dans un cœur à cœur : je n’ai pas seulement vu un homme pleurer, j’ai surtout vu un homme prier. J’ai vu un légionnaire élever vers Dieu des larmes qui étaient en vérité une prière sincère, qui n’étaient pas de la tristesse, qui n’étaient pas seulement de la douleur ; elles étaient gratitude, paix, espérance et bonheur. D’un bonheur qu’il est difficile de décrire.
Tout cela m’a fait beaucoup réfléchir. Quand je suis rentré chez moi, je suis allé sur Internet pour en savoir plus. J’ai trouvé la lettre du Directeur Général de la Congrégation, le Père Alvaro Corcuera, LC : « Je crois que ce que nous voulons tous, à présent, c’est le silence qui contemple et remercie, qui souffre et a confiance, avec la joie de celui qui croit et espère, au milieu de la douleur qui ne peut pas se communiquer par des paroles. » Le légionnaire du Christ qui m’a appris la nouvelle du départ du Père Maciel pour la maison du Père n’avait pas non plus de paroles ; mais il avait des larmes qui m’ont transmis sa prière, sa gratitude, sa confiance, son espérance, en allant au-delà de la douleur de celui qui a perdu un père, un frère, un ami, et un prêtre si aimé. En outre, il m’a enseigné comment un homme devrait toujours pleurer : comme le Christ a pleuré la mort de son ami Lazare.
Ce qui est incroyable dans tout cela, c’est que les légionnaires du Christ non seulement savent eux aussi pleurer, mais de plus ils nous enseignent à le faire. Voila pourquoi j’ai voulu écrire ces quelques lignes. À travers elles je souhaite remercier Dieu de tout cœur pour la grande œuvre que le Père Maciel a su porter à terme avec une constante fidélité à la Volonté de Dieu et avec une immense d’abnégation. Merci aux légionnaires pour m’avoir montré ces jours-ci leur côté le plus humain. Merci de m’avoir montré qu’eux aussi savent pleurer et si bien. Enfin, je veux remercier les membres du mouvement Regnum Christi à qui je souhaite sincèrement les meilleurs fruits et bénédictions de Dieu dans leur travail apostolique au service de l’Église, à travers l’intercession de leur fondateur, qui les précède maintenant au Ciel.
Quand Dieu me permettra désormais de pleurer, je le ferai avec paix, je le ferai avec confiance, je le ferai avec gratitude. Moi aussi je veux que mes larmes soient la meilleure prière, parce qu’elles sont sincères, parce qu’elles viennent du cœur et que dans mon cœur il y a l’amour, il y a la paix, il y a l’espérance.
Ignace Martín