Il s’agit de réalités qui possèdent un élan créatif, qui vivent la foi et qui cherchent de nouvelles formes de vie pour trouver leur juste place missionnaire au sein de l’Eglise.
Le religieux a demandé au Pape un conseil sur la manière de s’insérer pour développer réellement un ministère d’unité dans l’Eglise universelle.
Je voudrais immédiatement préciser que ces mois-ci, je reçois les Evêques italiens en visite "ad limina" et que je peux ainsi un peu mieux apprendre la géographie de la foi en Italie. Je vois beaucoup de belles choses, en même temps que les problèmes que nous connaissons tous. Je vois surtout que la foi est encore profondément enracinée dans le cœur italien, même si, naturellement, elle est menacée de nombreuses façons par les situations actuelles. Les Mouvements acceptent également bien ma fonction paternelle de Pasteur. D’autres sont plus critiques et disent que les Mouvements ne s’insèrent pas. Je pense que les situations sont réellement différentes, tout dépend des personnes en question.
Il me semble que nous possédons deux règles fondamentales, dont vous avez parlé.
La première règle nous a été donnée par saint Paul dans la Première Lettre aux Thessaloniciens : ne pas étouffer les charismes.
Si le Seigneur nous donne de nouveaux dons, nous devons être reconnaissants, même s’ils sont parfois dérangeants. Et c’est une belle chose que, sans initiative de la hiérarchie, à partir d’une initiative d’en bas, comme on dit, mais une initiative qui est aussi réellement d’en-Haut, c’est-à-dire comme un don de l’Esprit Saint, naissent de nouvelles formes de vie dans l’Eglise, qui du reste sont nées tout au long des siècles.
Au début, elles étaient toujours dérangeantes : même saint François était très dérangeant et pour le Pape, il était très difficile de donner une forme canonique à une réalité qui était beaucoup plus grande que les règlements juridiques. Pour saint François c’était un très grand sacrifice de se laisser encadrer dans cette structure juridique, mais à la fin est ainsi née une réalité qui vit encore aujourd’hui et qui continuera d’exister : celle-ci donne de la force et de nouveaux éléments à la vie de l’Eglise.
Je dirais seulement ceci : à chaque siècle, des Mouvements sont nés. Même saint Benoît, au début, était un Mouvement. Ils s’insèrent dans la vie de l’Eglise non sans souffrances, non sans difficultés. Saint Benoît lui-même a dû corriger la direction initiale du monachisme. Et à notre époque aussi, le Seigneur, l’Esprit Saint, nous a donné de nouvelles initiatives avec de nouveaux aspects de la vie chrétienne : étant vécues par des personnes humaines, avec leurs limites, celles-ci créent également des difficultés.
La première règle est donc de ne pas étouffer les charismes, d’être reconnaissants même s’ils sont dérangeants.
La deuxième règle est la suivante : l’Eglise est une.
Si les Mouvements sont réellement des dons de l’Esprit Saint, ils s’insèrent et servent l’Eglise et, dans le dialogue patient entre pasteurs et Mouvements, naît une forme féconde où ces éléments deviennent des éléments édifiants pour l’Eglise d’aujourd’hui et de demain.
Ce dialogue se déroule à tous les niveaux. A partir du curé, de l’Evêque et du Successeur de Pierre est en cours la recherche de structures opportunes : dans de nombreux cas, la recherche a déjà porté ses fruits. Dans d’autres, on est encore en phase d’étude. On se demande, par exemple, si après cinq ans d’expérience, on doit confirmer de façon définitive les Statuts du Chemin néocatéchuménal, s’il y a encore besoin d’un temps d’expérimentation, ou si l’on doit peut-être un peu retoucher certains éléments de cette structure.
Quoi qu’il en soit, j’ai connu les Néocatéchumènes dès le début. Le chemin a été long, pavé de nombreuses difficultés qui subsistent aujourd’hui encore, mais nous avons trouvé une forme ecclésiale qui a déjà beaucoup amélioré la relation entre le Pasteur et le Chemin.
Allons de l’avant de cette façon ! Cela vaut également pour les autres Mouvements.
A présent, comme synthèse des deux règles fondamentales, je dirais : gratitude, patience et également acceptation des souffrances qui sont inévitables. Même dans un mariage, il y a toujours des souffrances et des tensions. On va cependant de l’avant et c’est ainsi que mûrit le véritable amour. La même chose a lieu dans la communauté de l’Eglise : nous sommes patients ensemble. Les différents niveaux de la hiérarchie - du curé, à l’Evêque, au Souverain Pontife - doivent eux aussi entretenir un échange permanent d’idées, doivent promouvoir le dialogue pour trouver ensemble la meilleure voie. Les expériences des curés sont fondamentales, mais les expériences de l’Evêque et, disons, la perspective universelle du Pape trouvent elles aussi leurs lieux théologiques et pastoraux dans l’Eglise.
Cet ensemble de divers niveaux de la hiérarchie, d’une part, et l’ensemble vécu dans les paroisses, avec patience et ouverture, en obéissance au Seigneur, de l’autre, créent réellement la nouvelle vitalité de l’Eglise.
Nous sommes reconnaissants à l’Esprit Saint des dons qu’il nous a donnés. Nous sommes obéissants à la voix de l’Esprit, mais nous sommes également clairs en intégrant ces éléments dans la vie : ce critère sert, à la fin, l’Eglise concrète et ainsi, avec patience, courage et générosité, le Seigneur nous guidera et nous aidera assurément.
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le 12 mars 2007