Je ne comprends pas le christianisme autrement que comme un amour sincère et authentique envers nos frères, à l’imitation du Christ. Tout le reste, piété, dévotions, cérémonies, rites, processions, etc., ne sont que des façons de prier qui, si elles sont faites avec un cœur sincère, plaisent à Dieu mais manquent de signification en l’absence de charité parce que l’esprit de charité est l’épine dorsale du message évangélique. Celui qui veut vraiment trouver Dieu doit passer par cette porte. La véritable coupure de l’histoire est la mise en principe de ce commandement. Les personnes ou les institutions qui ne pratiquent pas honnêtement la charité vivent à côté de l’évangile : on ne peut pas vivre dans la vérité s’il n’y a pas de charité sincère.
A la fin de notre vie, on nous questionnera sur l’amour : avons-nous aimé ou n’avons-nous pas aimé ? Les autres réalisations, les autres œuvres seront en fonction de la profondeur de la réalisation de ce commandement nouveau de l’amour fraternel. C’est ainsi que je comprends l’Evangile. Prier, offrir des sacrifices, fréquenter les sacrements, tout cela est très bien, mais s’il n’y a pas d’amour fraternel, tout cela est vide parce qu’il y manque la moelle, l’essentiel. Celui qui se croît un ange parce qu’il est pieux, mais qui dit du mal de son prochain, le jalouse, lui fait des crocs-en-jambe chaque fois qu’il le peut, ne l’aide pas quand il en a besoin, est en train de détruire ce que le Christ est venu construire. Il est simplement en train de vivre une farce, quelque chose qui n’est pas le christianisme, parce que le Christ est venu nous sauver par amour, nous apprendre le chemin de l’amour mutuel, du pardon, de la réconciliation, de l’estime et du respect mutuel, le chemin par lequel donner sa vie pour les autres, pour les frères.
Extrait du livre « Ma Vie, c’est le Christ », interview du Père Marcial Maciel par Jésus Colina. P. 77-78
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