« Bonjour Monsieur, nous sommes envoyées par le curé de la paroisse, vous savez le curé de Saacy ! pour vous inviter à participer avec la communauté chrétienne aux offices de Pâques »
« Ah ben non j’vois pas. Nous on est là que depuis 6 ans... et c’est ma femme qui s’occupe de ça. »
« Vous savez que c’est la semaine de Pâques ? »
« On est chrétien mais non pratiquant »
« On vous laisse la feuille des horaires au cas où ! et on priera pour vous »
Par trois groupes de trois filles, entre 13 et 28 ans, nous arpentons durant deux bonnes heures au hasard des inspirations de l’Esprit Saint les rues de Saacy-sur-Marne. Nous sommes Vendredi Saint, il est urgent que le plus grand nombre sache que le Christ va donner sa vie dans quelques heures pour sauver l’humanité, qu’Il va monter sur la croix et marcher vers l’agonie, pour nous, ses créatures.

Ah oui ! Dans la joie !
Maison par maison, nous essayons de toucher les cœurs : certains pleurent, d’autres se souviennent de notre passage mais beaucoup ne veulent pas entendre parler du message du Christ. Pour cinq maisons visitées, une porte s’ouvre. C’est déjà beaucoup. On parle de tout, Dieu bien sûr mais aussi de la vie quotidienne, des études, des enfants, du monde qui ne tourne pas rond...
La journée passe vite, très vite. Nous revenons harassées au point de rendez-vous des missionnaires : l’église de Saacy. Goûter, débriefing avec les autres équipes et les consacrées qui encadrent les missions et préparation du chemin de croix du soir. Le temps est compté.
Le soir, nous regardons un peu anxieusement les bancs de l’église qui se remplissent peu à peu, nous voyons avec surprise quelques familles que nous avons visitées s’avancer un peu hésitante pour la Célébration de la Croix. Quelle joie !
Alors que la nuit tombe, les fidèles suivent la croix dans les rues de Saacy portée par les garçons de Jeunesse Missionnaire qui sont venus en grand nombre avec les élèves de l’Ecole Apostolique de Mery-sur Marne, à quelques kilomètres d’ici. Le chemin de croix emmené par le Père Piotr est d’une belle profondeur. Des habitants sont à leur fenêtre attirés par le bruit des chants. La commune a délégué son agent communal pour nous ouvrir la route !
Le logement est sommaire pour les parisiennes que nous sommes ! Une grande salle dans une grange sous duvet avec des souris qui ont fait la java toute la nuit dans la toiture ! Mais non dénué d’un certain luxe, les propriétaires nous ont aimablement autorisés à utiliser une salle de bain avec une vraie baignoire ! Les missionnaires mexicaines se moquent gentiment de nous, les conditions de la mission au Mexique, c’est vraiment autre chose !
Samedi Saint nous reprenons hardiment le porte à porte que nous avions commencé la veille, plus nous nous approchons du centre ville plus l’accueil est chaleureux, nous avons d’excellentes discussions. Alleluia ! Le programme est chargé, nous nous divisons en deux groupes : une équipe pour nettoyer l’église de Bassevelle où aura lieu ce soir la vigile Pascale, une équipe pour préparer les fleurs.
Tout est prêt. L’Eglise est comble, des nouveaux venus, des anciens, réunis pour bénir le feu nouveau, l’encens, l’eau baptismale et veiller dans l’attente de la

... et dans la prière !
Résurrection du Christ. La chorale de paroissien a affûté ses chants, les fidèles émerveillés par la lumière du feu n’en finissent pas d’allumer et d’éteindre par mégarde leurs bougies, le cœur de l’homme est jeune !
Demain c’est la Résurrection, nous nous accordons une petite soirée festive sur des rythmes endiablés mexicains, les mexicaines sont déchaînées ! Suivie d’une vidéo retraçant la vie du pape Jean Paul II.
Le jour de Pâques, le Christ a vaincu la mort, il est ressuscité ! Grand’messe à 10h30 à Saacy suivie d’une chasse aux œufs pour les enfants de la commune. Il faut qu’ils déchiffrent une énigme en rassemblant les lettres d’un même mot. Carola, collaboratrice mexicaine pose des questions sur la foi aux enfants, ravis d’être récompensés par des œufs à leurs bonnes réponses.
La mission est finie, il nous faut reprendre le rythme trépidant de nos vies respectives mais gonflées à bloc par ces quatre jours merveilleux ou s’est vérifié la maxime : « c’est en donnant que l’on reçoit » .