Le père Juan Pedro Oriol, L.C. a recueilli pour une de ses homélies les témoignages de deux de ses amis ; José Ricardo Sanchezgil Alarcon, récemment ordonné au sein de la Légion du Christ et dont il se souvient petit garçon... Un petit garçon qui avait hâte de vivre, qui voulait conquérir le monde et qui à 18 ans, décida de suivre l’appel de sa vocation.
Et puis une amie, Beatriz Muñoz qui vient de prononcer ses vœux de carmélite dans un petit carmel en Espagne. Elle était top model, belle, célèbre et très sollicitée. Les magazines espagnols ne pouvaient pas le croire... Béa est maintenant carmélite !
S’adressant au P. José Ricardo L.C :
Tu étais fiancé avant de rentrer au séminaire... ne te manque-t-elle pas ?
Alors que j’étais sur le point de me décider à vivre une union libre avec ma fiancée et de me donner à elle, un jour le prêtre de ma paroisse s’est retrouvé tout seul pour donner la communion et il m’a demandé si je pouvais l’aider. J’ai pensé qu’il me faisait une blague mais en regardant le père j’ai vu qu’il était sérieux. J’ai alors accepté et l’ai aidé à distribuer la communion. Ma fiancée était dans la file et elle me souriait, attendant son tour. Quand je lui ai donné la communion j’ai compris que ce n’était plus mon corps que je devais lui donner sinon le corps du Christ. Plusieurs mois plus tard je partais et l’amour du Christ m’a rendu si joyeux qu’elle n’a pas pu me manquer.
Pourquoi avoir choisi de devenir prêtre alors que tu aurais pu faire tant de choses ?
Parce que l’amour me demandait de TOUT donner. Et maintenant, en tant que prêtre, je voudrais faire pour les autres ce que le Seigneur a fait pour moi. Jésus a tout donné pour moi. Je veux me donner entièrement à Lui, en me donnant complètement aux autres.
Et pourquoi devenir légionnaire du Christ ?
J’ai compris que le charisme de la Légion du Christ correspondait au mien puisque j’ai trouvé l’amour qui me rend si heureux. Et pendant toutes ces années de formation je l’ai vécu et je l’ai compris chaque jour un peu plus.

Le père Juan Pedro L.C pendant son homélie : Es-tu prêt à TOUT donner ?
S’adressant à Sœur Béatriz Munoz :
Quand j’ai appris que tu entrais au Carmel je n’arrivais pas à le croire ! Comment cela s’est-il passé ?
Cela fait deux ans que j’ai commencé à comprendre que Dieu m’appelait à me consacrer à Lui. Cela a été très étrange parce que j’ai commencé à penser « Carmélite, à la fin de l’année ». Cela fait un peu bizarre...
Et bien oui, c’est clair ! Que t’ont dit tes amis ?
Les gens pensaient que la clôture ce n’était que pour les femmes bizarres et vieilles. Puis ils ont réagi assez bien. Certains n’étaient pas étonnés. Je ne sais pas s’ils devinaient quelque chose à ma façon d’être.
Et ta famille ?
Cela a été plus difficile. Ma mère a mieux réagi que mon père. C’est une bénédiction c’est sur, mais pour eux, cela représentait surtout un rêve brisé ; celui d’avoir des petits enfants, d’être entourés pendant leur vieillesse par ma présence... Mais tu ne peux vivre une autre vie que celle à laquelle tu es appelée ! Si tu ne suis pas ton chemin, cela nuira aux autres. De la fidélité d’une personne en dépendent d’autres.
Comment se sont passées ces deux années de noviciat et de discernement ?
Les meilleures de ma vie...Cela aurait pu être stressant mais ce fut le contraire parce que tu profites beaucoup de tout ce à quoi tu vas renoncer. Parfois ça me perturbait, mais je me tranquillisais parce que je discernais avec sincérité. De temps en temps Dieu me faisait sentir que j’étais sur le bon chemin. C’est très important d’être en harmonie avec son directeur spirituel et dans mon cas cela a été une bénédiction. De plus, vivre fidèlement ses engagements, même si cela coûte, a été fondamental. Tu dois tout laisser ; il y a toujours quelque chose qui est plus dur à laisser forcément.
Pour moi c’était surtout la famille mais j’ai compris qu’elle est toujours là même si c’est d’une façon différente. Les vrais amis aussi seront toujours là et je continuerai à me sacrifier pour eux. En plus, dans peu de temps nous serons tous réunis au ciel ! Mais bien sur, comme tu dois renoncer à tout, tu penses à tout, même aux choses les plus minimes, et d’ailleurs, vous voyez... je ne pourrais pas aller voir le dernier film d’Harry Potter !
Un légionnaire du Christ et une carmélite... conclut le père Juan Pedro Oriol... Si le Christ te demande de TOUT donner , comme à José Ricardo et à Beatriz, es-tu prêt à être ce qu’Il te demandera ? à dire « oui » à tout et « non » à ce que tu aimes qui, au fond, ne te rend pas complètement heureux ?
C’est alors seulement que l’on atteint la plénitude dans l’amour.