Que ton Règne vienne !
MOUVEMENT REGNUM CHRISTI
Siège de la Direction Générale
Rome, le 1er mai 2005
À TOUS LES MEMBRES DU REGNUM CHRISTI
Très chers en Jésus-Christ,
Nous nous trouvons au début du mois de mai au cours duquel l’Église honore tout spécialement notre Mère du Ciel, la très Sainte Vierge Marie. Je voudrais profiter de cette circonstance pour vous envoyer, à tous, un salut très affectueux et vous remercier également de vos prières et de toutes les marques d’appui et d’adhésion que j’ai reçues au cours des derniers mois. Le début du mois de mai me donne aussi l’occasion de vous inviter à renouveler la façon de vivre un aspect central de la spiritualité du Regnum Christi : l’amour filial et délicat envers la Mère de Jésus-Christ.
Nuestro Padre nous a toujours appris à vénérer Marie d’une façon très simple et spontanée. Il avait lui-même appris, dès son enfance, à l’honorer, grâce aux exemples qu’il voyait chez lui, et tout spécialement auprès de Mama Maurita qui, avec une grande spontanéité, manifestait son amour et sa dévotion à la très Sainte Vierge par de petits détails tels que déposer, aux pieds de sa statue, un petit bouquet de fleurs fraîchement cueillies dans le jardin de la maison ; réciter le chapelet avec toute la famille ou avec la communauté paroissiale ; par de fréquents pèlerinages au sanctuaire de la Vierge du Barrio, près de Cotija, ou par la célébration des fêtes de la Vierge de Guadalupe. C’est précisément au mois de mai, alors qu’il revenait de réciter le chapelet à la paroisse, que le Seigneur a voulu manifester à Nuestro Padre son appel au sacerdoce qu’il reçut aux pieds de la Vierge du Tepeyac. Il a, très souvent, trouvé réconfort et consolations pendant ses visites aux sanctuaires ou auprès des statues mariales et, tout spécialement, devant l’autel de la Vierge Grégorienne de la Basilique Saint Pierre, aux moments de difficulté des premières années de la fondation. Que de grâces la Légion et le Mouvement n’ont-ils pas reçues par l’intercession de Marie ! Combien d’œuvres d’apostolat mises en place à l’occasion d’une fête mariale ! Elle a toujours été à nos côtés, en tant que Vierge fidèle, veillant avec amour à la naissance, à la croissance et à l’expansion du Regnum Christi dans sa vocation au service de l’Église.
La dévotion à Marie est un élément caractéristique de la spiritualité du Mouvement qui, centrée sur le Christ, est profondément mariale.
Nuetro Padre nous a appris que cette dévotion ne consistait pas en un simple sentiment affectueux envers Marie, qui est très bon et nécessaire, mais qu’elle demande surtout un effort sincère pour imiter les vertus qui ont caractérisé sa vie ; la foi, l’espérance et la charité, la simplicité, l’humilité, l’obéissance, l’esprit de service, la pureté, l’abnégation et le zèle apostolique.
Elle est la Mère de l’Église, et notre très aimé Pape Jean Paul II l’a invoquée, en tant que telle, avec amour et foi de façon spéciale. Comment oublier l’exemple de son amour pour la Mère du Christ qu’il nous a donné, en commençant par la devise qu’il a voulu choisir pour ses armes : « Totus Tuus », paroles qui résument une vie entière passée à honorer et à servir la Mère de Dieu ? Combien de sanctuaires mariaux n’a-t-il pas visités dans le monde entier, la priant pour les besoins du monde et de l’Église ? Au moment tragique de l’attentat de 1981, sa première pensée fut pour elle et sa première défense fut de prendre dans ses mains le saint chapelet pour demander son aide et sa protection. Il attribua lui-même à l’intercession spéciale de Marie, invoquée sous le nom de Vierge de Fatima, en la fête de laquelle l’attentat s’est perpétré cette grâce spéciale : avoir été libéré d’une mort qui, à vue humaine, semblait être le dénouement naturel des blessures produites par les coups de feu. Et, peu avant de mourir, alors qu’il ne pouvait déjà plus parler, la première chose qu’il fit fut de renouveler par écrit sa consécration à Marie, exprimant ainsi son désir inébranlable d’être pour toujours, totalement sien.
Jean Paul II nous a laissé un exemple admirable de dévotion à Marie qu’il a vécue de façon simple, délicate et constante. Si, en un premier temps de sa formation, comme il le raconte lui-même dans son livre autobiographique Don et Mystère, il s’était demandé si la dévotion à Marie le séparerait du Christ, auquel il voulait donner sa vie dans la prêtrise, poussé par l’Esprit Saint, il comprit rapidement que la véritable dévotion à Marie conduisait à une imitation plus parfaite de son Fils.
Nous pouvons aujourd’hui, constater cette même dévotion en notre cher Pape Benoît XVI, grand don de Dieu à son Église dans le contexte historique actuel. Dès sa première apparition devant le monde, immédiatement après son élection, du balcon des bénédictions de la Place Saint-Pierre, il a confié tout son pontificat à Marie et, au cours de l’allocution récente au moment du « Regina Cœli », il nous invita à contempler le Christ avec les yeux de Marie et à donner du prix à la récitation du Saint Rosaire, à l’exemple de Jean Paul II.
Je voudrais vous inviter, chers membres du Regnum Christi, très spécialement au cours de ce mois de mai, à remercier Marie des innombrables dons accordés au monde et à l’Église grâce à la personne de Jean Paul II. Ne laissons pas passer un seul jour sans lui demander son intercession et son aide pour le ministère de Benoît XVI. Durant des premiers jours de son service envers l’Église, en tant qu’Évêque de Rome et Pasteur universel, il nous a demandé avec insistance de prier pour que Dieu l’aide à accomplir sa mission transcendante. Nous ne pouvons pas ne pas entendre la demande de celui qui est, pour nous, le Vicaire de Jésus-Christ sur la terre, le Successeur de Pierre, surtout au moment où il débute son Pontificat, moment où les ennemis de l’Église redoublent leurs attaques en essayant de discréditer, pour différentes raisons, la personne du Saint Père.
Si c’est une habitude propre au Mouvement de prier pour le Pape, pour soutenir son ministère, nous, nous ne pouvons pas oublier les autres motifs qui, du simple point de vue humain, sont une grande dette de gratitude envers le Pape Benoît XVI. Comment ne pas le remercier pour les innombrables manifestations d’affection et de bienveillance dont il a constamment fait preuve ces dernières années au moment des rencontres avec Nuestro Padre, avec les Légionnaires et avec les membres du Regnum Christi ? Combien de fois n’est-il pas venu visiter notre Centre d’Études Supérieures et notre Athénée à Rome, pour partager avec nous ses expériences d’homme de foi, de théologien, de pasteur de l’Église, de collaborateur, très proche et de premier plan, du Pape ! Comment ne pas le remercier des journées entières d’études qu’il a voulu consacrer aux professeurs et aux élèves de notre Athénée Pontifical à Rome, aux Pères et aux Frères de notre communauté, malgré un agenda si rempli d’activités ! En ces occasions, il n’a jamais mesuré son temps, restant ensuite de longs moments à converser, pendant les repas, avec notre fondateur, avec les formateurs et les professeurs, manifestant ainsi sa délicate attention à notre égard, son affection et sa bonté. Nombreuses également ont été les rencontres avec les groupes du Regnum Christi qui l’ont vu en son lieu de travail, au Vatican, et auxquels il a toujours adressé quelques mots d’encouragement pour l’accomplissement de leur mission apostolique avec plus de zèle et de sainteté. Nombreux sont les témoignages des Légionnaires et des membres du Regnum Christi qu’il a reçus personnellement pour différentes raisons ou qui le reconnaissaient au cours de ses allées et venues entre son lieu de travail et sa résidence et avec lesquels il restait à parler aimablement en toute simplicité et spontanéité.
En toutes ces occasions, il s’est montré envers nous non seulement comme le Maître autorisé de la foi mais aussi comme un véritable Père qui, avec grande délicatesse, finesse et humilité, voulait réserver du temps à passer avec ses enfants. Personnellement, je porte gravé dans mon cœur les nombreuses occasions au cours desquelles j’ai eu la grâce de le rencontrer, de vivre à ses côtés dans un climat d’amitié, d’affection et de confiance. Comme se vérifie la promesse que fit le Sacré-Cœur à Nuestro Padre lors des premières années de la fondation, lui disant qu’il lui donnerait « le bras et le cœur de son Vicaire » ! Le Mouvement a toujours pu compter sur l’appui de celui qui, sur la terre, est le Vicaire de Jésus-Christ et aujourd’hui, avec le nouveau Pape que la Providence a choisi pour cette heure de l’histoire, nous avons une fois de plus l’assurance de trouver dans le Successeur de Pierre, non seulement un phare de vérité et de lumière, qui éclaire notre chemin dans le monde, mais aussi un Père affectueux qui nous confirme dans la foi et nous guide, en Bon Pasteur, sur les sentiers de la volonté de Dieu.
La proximité et l’affection des Papes nous aident à marcher d’un pas décidé vers le but vers lequel nous nous dirigeons tous en cette vie : Jésus-Christ et l’extension de son Règne dans le monde. La très Sainte Vierge Marie, également, nous tend à tous une main maternelle et, par son exemple et son intercession, elle nous aide à remplir la mission de faire parvenir le Christ au cœur des sociétés humaines. Réaliser cette tâche - nous le savons par expérience personnelle - comporte des contradictions, des oppositions, des critiques et des difficultés. Celui qui est fidèle à la mission sera toujours, comme Jésus-Christ, signe de contradiction. Elle reçut les paroles lui annonçant qu’un glaive de douleur traverserait son cœur. C’est au moment où nous faisons l’expérience des épreuves, des persécutions, et des croix, que nous nous identifions davantage à elle en vivant dans le silence et en accompagnant son Fils jusqu’au pied de la Croix. C’est la raison pour laquelle nous ne devons jamais oublier la présence toute proche, douce, forte et fidèle de notre Mère Céleste. Dans les moments de croix et de souffrances, quelle source de foi et de fidélité représentent les paroles de Marie, la Vierge de Guadalupe, à Juan Diego : « Ne suis-je pas ici, moi, ta Mère ? Que rien ne t’inquiète et que rien ne t’afflige ».
Vivons ce mois de mai, au cœur de la célébration de l’Année Eucharistique, très unis à Jésus-Christ et à Marie, priant avec insistance pour les besoins de toute l’Église, pour le Pape, pour les Évêques, les prêtres et les fidèles laïcs, les personnes qui souffrent. Prions avec une grande foi et une grande confiance pour la Légion et le Regnum Christi et très spécialement pour les vocations. Que ce soit par l’Eucharistie, par la participation consciente, active et fervente à la Sainte messe, par la prière devant le très Saint Sacrement au cours des visites eucharistiques, que nous trouvions les forces nécessaires pour renouveler, en notre cœur, l’amour dont nous avons besoin pour remplir notre mission et porter, avec patience et sérénité, cette croix qui, par la permission du Seigneur, a été placée sur les épaules de ceux qui veulent le suivre et qui devient, parfois, trop lourde pour nos faibles forces. Nourrissons notre vie de l’Eucharistie parce que c’est là que se trouve la source de l’amour et le secret de la persévérance. Là se trouve le secret pour vivre le charisme spécifique de la charité, que nous avons reçu.
Qui mieux que Marie nous aidera à vivre le commandement que nous a laissé Jésus-Christ ? Il y a des moments où les paroles de saint Paul se font plus vives que jamais : « Vaincre le mal par le bien ». Savoir découvrir que, de tout cela, Dieu fera sortir un meilleur bien. La charité est ce qui nous distingue. La charité dépasse la justice, pardonne, comprend, anime et accompagne au cœur de toute tribulation. Quel apostolat merveilleux que celui d’être, jusqu’à la limite de nos forces, des apôtres infatigables de la charité ! Jamais une rancœur, jamais de représailles, de mépris, jamais une incompréhension... Martyrs de la charité, témoins de la charité, comme les premiers chrétiens : « Voyez comme ils s’aiment ! »
Et, comme nous l’a demandé le Saint Père Benoît XVI, ne cessons pas d’aller vers Marie au cours de ce mois de mai, spécialement par la récitation fervente et aimante du Saint Chapelet en lui confiant toutes les intentions que renferme notre cœur. Ne cessons pas de lui confier notre cher Pape pour qu’elle lui accorde la force et la lumière nécessaires pour guider l’Église, comme un Bon Pasteur, pendant ces premières décades du troisième millénaire, sur les sentiers de la volonté de Dieu. Confions également à Marie notre père fondateur, pour qu’elle nous le garde de nombreuses années et qu’il puisse ainsi continuer à nous encourager par l’exemple de sa vie et la force lumineuse de sa parole. Demandons-lui, aussi, en ce mois de mai, de ne pas cesser d’accompagner les jeunes qui, en ce moment, décident de leur vocation future. Que la générosité du « oui » de la très Sainte Vierge les conduise à vouloir se donner eux aussi sans réserve, à s’engager joyeusement dans la vocation sacerdotale ou la vie consacrée.
Je m’en remets à vos prières pour que le Seigneur ne cesse pas de m’éclairer dans l’accomplissement de ma mission et que je puisse être un instrument fidèle en ses mains et, ainsi, avec l’aide et la prière de chacun d’entre vous, le Règne du Christ s’étendra dans le monde grâce au charisme du Mouvement pour le bien de l’Église. Que la présence de la très Sainte Vierge Marie, en vos vies, vous rapproche de plus en plus de Jésus-Christ.
Très affectueusement en Jésus-Christ.
Père Alavaro Corcuera, L.C.