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De notre Directeur Général

Lettre du père Alvaro Corcuera aux membres du Regnum Christi, à l’occasion du carême

Que ton Règne vienne !

ALVARO CORCUERA. L.C.

Mexico le 24 février 2006

"La docilité à l’Esprit Saint requiert deux attitudes fondamentales : l’écoute attentive de ce qu’il veut nous dire et l’obéissance à ses inspirations ".

Aux amis et aux membres du Regnum Christi à l’occasion du Carême.

Très chers en Jésus-Christ,

Comme vous le savez, le Pape Benoît XVI a invité à Rome, tous les mouvements ecclésiaux au moment de la prochaine Pentecôte. Il a ainsi voulu suivre le chemin que son prédécesseur, notre cher Pape Jean Paul II avait initié avec l’inoubliable rencontre de la Pentecôte 1998, que nous sommes nombreux à avoir vécue personnellement.

Pour exprimer notre affection et notre adhésion au Vicaire du Christ, et en signe de sincère communion avec les autres charismes suscités par l’Esprit Saint au sein de l’Eglise, dès le premier instant, le Regnum Christi s’est joint à cette initiative avec enthousiasme. C’est la raison pour laquelle, du 1er au 5 juin 2006, nous aurons, à Rome, la Rencontre Internationale de la Jeunesse et de la Famille du Regnum Christi, à laquelle vous êtes tous cordialement invités.

Tout en vous apportant mon salut affectueux et mon réconfort spirituel, cette lettre voudrait aussi vous proposer quelques simples suggestions qui nous aideront à nous préparer à ce moment si particulier. Je voudrais réfléchir avec vous à propos d’une réalité dont on parle généralement peu mais qui revêt une importance centrale dans la vie de l’Eglise et de chaque chrétien. Je veux parler du rôle de l’Esprit Saint pour notre sanctification et de la relation d’amitié que nous devons avoir avec lui.

Je demande aussi à Dieu que ces réflexions nous aident tous à mieux vivre ce Carême au cours duquel, par la prière, le sacrifice et la pratique de la charité, nous nous unissons au Christ dans son désert, afin de disposer notre cœur à vivre le mystère de sa Passion, de sa Mort et de sa Résurrection.

« Personne ne peut dire "Jésus est Seigneur", si ce n’est dans l’Esprit Saint » (1Co 12, 3).

Sans l’Esprit Saint, nous ne pouvons rien faire dans l’ordre de la grâce. Sans lui, nos familles, nos communautés paroissiales, le Regnum Christi, et l’Eglise elle-même, seraient des rameaux secs puisqu’ils seraient séparés de leur principe vital qui est l’Esprit grâce auquel le Christ les vivifie. L’Esprit Saint est à la vie du chrétien et de l’Eglise, ce que l’âme est au corps. L’Esprit Saint est le "premier" dans l’ordre de la grâce et le dernier à nous avoir été révélé (cf Catéchisme n° 684). C’est lui qui, par le baptême, nous engendre à une vie nouvelle et qui nous soutiendra au cours de chacune des étapes de notre enfance spirituelle jusqu’à "la maturité de la plénitude du Christ" (cf. Ep 4, 13). L’Esprit Saint est celui qui nous apprend à connaître et à aimer Jésus-Christ, nous conduit jusqu’à la "vérité tout entière" de l’Evangile (cf. Jn 16, 13). Toutes nos bonnes pensées et nos bonnes dispositions intérieures, sont le fruit de son action en nous et, sans son aide, nous ne pourrions rien réaliser de méritoire aux yeux de Dieu ni persévérer dans le bien. Nous ne pourrions pas même dire "Jésus est Seigneur" ni élever notre cœur vers Dieu si l’Esprit Saint ne mettait sur nos lèvres et dans notre cœur les paroles et les attitudes correspondantes (cf. 1Co 12, 3). En réalité, c’est lui qui prie en nous et qui implore le Père pour nous parce que nous ne savons pas demander comme il faut (cf. Rm 8, 26).

"La prière est un élan du coeur".
Mais il y a une autre face à la pièce : si nous ne pouvons rien faire sans l’Esprit Saint, le sens contraire est également vrai : nous pouvons TOUT en lui et avec lui. La vie du chrétien qui se laisse guider par l’Esprit Saint est véritablement impressionnante. Saint Paul énumère quelques-uns de ses fruits : "charité, joie, paix, patience, affabilité, bonté, fidélité" (Ga 5, 22). Et il ajoute "si nous vivons selon l’Esprit, nous agirons aussi selon l’Esprit" (Ga 5, 25). C’est la raison pour laquelle Notre Père Fondateur écrit : "C’est au cours des dialogues que nous avons avec lui jour et nuit qu’il nous apprend la véritable signification du temps et de l’éternité, de la fidélité dans l’amour, de la vanité de toutes les choses qui ne sont pas de Dieu et de la relativité de tout ce qui nous arrive dans nos rapports avec les créatures. Il nous apprend à aimer, il nous apprend à pardonner, il nous apprend à oublier les injures ; à chercher et à faire le bien sans attendre de récompense ; à faire confiance à Dieu et à l’aimer par-dessus tout. Il nous place aussi dans une perspective qui nous rend capables de contempler tout l’avenir du monde, avec la relativité du temps par rapport à l’éternité et avec la sérénité de celui qui se sait un pauvre pèlerin dans le temps jusqu’à posséder Dieu pour l’éternité" (Lettre du 3 mai 1986).

Chers amis et membres du Regnum Christi, croire réellement en l’Esprit Saint, comme nous le disons dans notre Credo tous les dimanches à la Messe, c’est affirmer une vérité qui doit embrasser toute notre personne (intelligence, volonté et cœur) et toute notre existence quotidienne. Il ne suffit pas de croire que c’est la troisième personne de la très Sainte Trinité, nous devons découvrir aussi qu’il est notre ami et notre confident, qu’il est le doux hôte de l’âme, "l’associé" de toutes nos entreprises et de tous nos projets. C’est vrai que nous l’avons déjà reçu par le baptême et la confirmation, mais nous devons essayer d’être de plus en plus conscients de sa présence et de son action continuelle dans nos vies pour collaborer avec une plus grande fidélité.

« Tous ceux qu’anime l’Esprit de Dieu, sont fils de Dieu » (Rm 8, 14)

Très souvent le spectacle d’une vie chrétienne vécue sans entrain nous décourage, la prière se fait lourde et ardue, nous voudrions avoir une relation avec Dieu plus intime et plus spontanée. Nous sommes peinés de constater chaque fois les mêmes misères et les mêmes limites et il nous semble qu’au fil des ans, au lieu d’avancer, nous reculons. Nous ressentons que le monde et ses séductions nous attirent avec violence et, parfois, nous éprouvons une sorte de dégoût des choses de l’esprit et une fatigue dans la lutte contre les tentations. Comme nous désirerions changer, être meilleurs ! Mais comment y arriver après avoir tant de fois, peut-être, vainement essayé ? Comment cesser d’être "un chrétien selon la chair" pour "vivre selon l’Esprit" (cf. Rm 8, 5) ?

"L’Église, qui est un e bonne mère, nous a toujours recommandé des moyens à notre portée pour conserver notre union avec Dieu".
Je vous propose maintenant quatre moyens très simples et pratiques pour "être guidés par l’Esprit" comme dit saint Paul : le dialogue habituel avec l’Esprit Saint, la docilité à ses saintes inspirations, la conscience d’être Temples vivants de Dieu et, enfin, le don de soi aux autres par la charité et l’apostolat.

1) Le dialogue habituel avec l’Esprit Saint.

Il arrive avec l’Esprit Saint quelque chose de très comparable à ce qui se passe dans nos relations humaines : nous devons vivre fréquemment ensemble, dans un dialogue franc et cordial, où les personnes se connaissent et où se nouent les liens de la véritable amitié. Si nous voulons connaître l’intimité de l’Esprit Saint, jouir du don de son amitié, avoir une relation intime et spontanée avec lui, nous devons nous habituer à un contact, à une "vie commune" permanente avec lui. Ce fut la recommandation de saint Paul aux chrétiens de Thessalonique : "Priez constamment" (1Th 5, 17). Prier, non seulement lorsque nous récitons ou que nous avons des activités exclusivement religieuses, mais tout le long de la journée. Or, comment parvenir à cette fin lorsque nous sommes pris sans arrêt par d’innombrables occupations et que nous sommes emportés par le tourbillon quotidien ?

"La prière - nous dit sainte Thérèse de l’Enfant Jésus - est une élévation de l’âme, un simple regard lancé vers le ciel, un cri de reconnaissance et d’amour au sein de l’épreuve comme au sein de la joie" (Cité par le Catéchisme au n° 2558). L’essence de la véritable oraison ne réside pas dans nos paroles ni dans l’exubérance des sentiments, mais dans l’adhésion de notre volonté à la volonté de Dieu et à ce que son Esprit nous demande. Mon esprit est obligatoirement occupé par de multiples choses mais si mon cœur et ma volonté veulent et réalisent ce que l’Esprit me demande à chaque instant, alors je suis constamment en train de prier puisque, objectivement, je vis uni à lui. Tout ce que l’on fait, aussi insignifiant que cela puisse paraître, devient un acte d’offrande pour son amour, acquiert une résonance d’éternité et de grande fécondité apostolique. Avec de telles âmes, l’Esprit Saint engage une relation spéciale, leur fait don de son intimité, les éclaire de ses conseils et de ses lumières, leur fait voir le monde avec des yeux et un cœur nouveaux, les enveloppe de la paix et de la sécurité que procure le fait de se savoir toujours en sa présence, aimés de lui y compris au cœur de fortes tribulations ou tentations.

L’Eglise, en bonne Mère, nous a toujours recommandé l’usage de certains moyens à la portée de tous pour obtenir cette union habituelle avec Dieu. L’un d’eux est la prière "jaculatoire" grâce à laquelle l’âme se recueille un court instant et élève sa pensée jusqu’à Dieu en un simple acte de foi, de confiance et d’amour envers lui, de gratitude ou de louange, d’appel à l’aide, etc. : "Esprit Saint, je crois en toi, j’ai confiance en toi, je t’aime", "Esprit Saint, donne-moi les forces..." Les prières jaculatoires, comme leur nom l’indique, (la racine latine rappelle, en un contexte militaire, une action de lancer le iaculum, le javelot), sont justement des "impulsions du cœur", ces "simples regards que nous lançons vers le ciel" dont parle la sainte de Lisieux.

Une autre façon de vivre en permanence unis à Dieu, consiste en un dialogue habituel avec l’Esprit Saint, au cours de la journée. Il ne s’agit pas de discours longs et élaborés, mais d’une conversation spontanée, simple, comme avec un ami ou avec une personne que l’on aime, conversation imprégnée de foi et d’amour. Au début de chaque activité de toute espèce imaginable (une réunion, un cours, une session de travail, en sortant de chez soi, etc.), nous pouvons entamer un dialogue avec le Doux Hôte de l’âme, en faisant un acte de foi et nous offrir à lui par amour, nous pouvons recueillir ses conseils avant de prendre une décision, lui demander son aide dans les moments de difficultés ou d’épreuves, nous laisser consoler par le Consolateur ainsi que partager, avec lui, nos joies et nos réussites. N’importe quelle circonstance, n’importe quel moment ou n’importe quel endroit, peut être l’occasion de rencontre et de dialogue avec l’Esprit Saint. Comme la vie d’une personne change, rapidement et radicalement, quand on voit Dieu partout, quand on fait tout pour lui et en union avec lui, quand on vit sous son regard, enveloppé de sa présence ! Quelle paix et quel bonheur intérieur rayonnent en ces âmes ! Et le secret pour apprendre l’art de la prière, pour approfondir notre connaissance et notre amour de Jésus-Christ, se trouve justement dans le fait de nous habituer à ce dialogue et à cette amitié avec l’Esprit Saint. Faites-en l’expérience et je vous certifie que vous ne vous en repentirez pas. Le temps de carême, pendant lequel nous nous unissons de façon particulière à la prière du Christ dans le désert, nous offre une occasion exceptionnelle pour acquérir l’habitude de prier sans cesse sous la direction du grand Maître de la prière qui est l’Esprit Saint.

2) Docilité aux inspirations de l’Esprit Saint

La véritable amitié se montre dans la fidélité. Peut-être ne nous importe-t-il pas de faire une réponse négative à celui que l’on ne connaît pas mais, par contre, ce n’est pas du tout la même chose avec un ami. On ne trahit jamais un ami, on ne le fait pas attendre et on ne reste pas indifférent devant ses besoins ; sinon, on pourrait douter de ladite amitié. Quand on est véritablement l’ami de Dieu, de son Esprit sanctificateur, on cherche à être fidèle à son amitié, à cette conversation intime qui consiste en un don réciproque entre deux cœurs qui s’aiment. Et l’Esprit Saint ne cesse de parler à notre cœur, parfois même, comme nous le rappelle saint Paul, avec des "gémissements ineffables" (Rm 8, 26), parce que notre sainteté le presse et il veut attirer notre attention sur tout ce qui pourrait mettre cette amitié en péril. Nous entendons sa voix en notre conscience et il peut se servir de moyens très divers pour nous parler : une personne, une lecture, une expérience positive, un malheur, une tentation, etc.

"La vie du chrétien est admirable et véritablement émouvante lorsqu’il se laisse guider par l’Esprit Saint".
La docilité à l’Esprit Saint demande deux attitudes fondamentales : l’écoute attentive de ce qu’il veut nous dire et l’obéissance à ses inspirations. Ecouter signifie faire silence en notre âme, chercher et aimer les moments pour être seul avec nous-même et avec Dieu ; cela signifie aussi écouter sa voix sans crainte ni préjugés, sans murs de contention, vivre en attitude de disponibilité. Très souvent, nous n’écoutons pas l’Esprit Saint par crainte de ce qu’il pourrait nous demander : nous savons qu’il nous sort toujours de nous-mêmes et nous appelle à une plus grande générosité, à plus d’amour. C’est la raison pour laquelle nous nous remplissons de bruit, de choses extérieures pour ne pas entendre ce qui pourrait nous gêner. Il faut avoir le courage, la sincérité et la confiance pour le laisser parler à notre cœur, pour vivre toujours disponibles, en attitude d’écoute : "Parle, Seigneur, ton serviteur écoute" (1S 3, 10).

Et pourtant, cette attitude d’écoute ne servira à rien sans une réponse d’obéissance de notre part : il serait parfaitement inutile d’aller chez le médecin et de ne pas suivre fidèlement ses prescriptions ensuite. Nous trouvons en la très Sainte Vierge, le modèle de l’âme attentive à la voix de Dieu, dont le fervent désir est de lui plaire, de faire ce qu’il demande, sans conditions et sans délais. "Qu’il me soit fait selon ta parole" (Lc 1, 38). Un oui généreux, joyeux, prompt parce que, pour elle, la fidélité à Dieu n’était pas seulement un devoir de conscience, mais une question d’amour. Il est dur et difficile pour notre nature, de vivre en étant attentifs et d’être toujours fidèles à ce que l’Esprit Saint peut nous demander, mais, quelle paix et quelle joie profonde habitent en l’âme qui vit dans la vérité de la Volonté de Dieu, cherchant à lui plaire en tout ! Nous savons que nous ne l’obtiendrons jamais par nos propres forces. Mais si Dieu nous demande quelque chose, il nous donne toujours sa grâce d’avance pour que nous puissions lui répondre avec générosité. Nous ne sommes jamais seuls pour notre propre sanctification et "l’Esprit Saint vient en aide à notre faiblesse" (cf. Rm 8, 26). "Je peux tout en Celui qui me fortifie" (Ph 4, 13). Fidélité par amour à toutes les inspirations de l’Esprit Saint : ceci pourrait être une consigne de travail très concrète pour ce carême ; c’est une expérience que nous ne regretterons pas et qui changera radicalement notre vie.

"La charité est un don de l’Esprit Saint. Il est celui qui nous enseigne à découvrir dans toutes les personnes le même Jésus-Christ ".
Nous devons continuer à remercier Dieu du poids de la croix que représente l’écoute fidèle et totale de l’Esprit Saint et qui, avec le Christ, est toujours une charge douce et légère. En tant que cofondateurs, il nous revient de porter notre croix avec beaucoup de maturité et d’amour. "Tressaillez de joie, bien qu’il vous faille encore, pendant quelques temps, être affligés par de multiples épreuves afin que, bien éprouvée, votre foi, plus précieuse que l’or périssable que l’on vérifie par le feu, soit trouvée digne de louange, de gloire et d’honneur lors de la Révélation de Jésus-Christ" (1Pi 1, 6-7). Comme les premiers chrétiens, nous vivons nous aussi des moments où les paroles par lesquelles Jésus-Christ nous invite à prendre notre croix chaque jour par amour pour lui et de le suivre prennent vie. Que les épreuves n’affaiblissent jamais notre esprit mais que, au contraire, elles nous fortifient ; que nous portions les souffrances, le plus souvent silencieuses, sans pessimisme, mais avec joie parce que, pour celui qui aime, tout est occasion d’aimer davantage.

3) Conscience d’être, moi-même, temple de l’Esprit Saint

"Ne savez-vous pas que votre corps est un temple de l’Esprit Saint qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ? Et que vous ne vous appartenez pas ? Vous avez bel et bien été rachetés ! Glorifiez donc Dieu dans votre corps !" (1Co 6, 19-20). Il est intéressant de remarquer que ces paroles sont l’argument principal que saint Paul adresse aux Corinthiens pour les persuader de fuir toute fornication et abandonner une vie de péché. Il aurait pu faire appel à d’autres principes, de type moral par exemple, mais il met ses interlocuteurs face à cette réalité de notre foi : Nous sommes temples vivants de l’Esprit Saint ! C’est parce que, mes chers amis et membres du Regnum Christi, pour le chrétien, tout le dynamisme de la vie spirituelle et toutes les exigences morales partent de cette vérité de foi. Ce n’est pas une métaphore. Dieu habite réellement en nous, dès l’instant où nous demeurons en état de grâce. Le Règne du Christ, qui est règne d’amour et de sainteté, est non seulement proche de nous, mais il est en nous (cf Lc 17, 21).

Avoir une vive conscience de cette réalité constitue un motif de paix profonde et de sécurité parce que nous savons, alors, que nous ne sommes jamais seuls. "Passerai-je en un ravin de ténèbres, je ne crains aucun mal car tu es près de moi ; ton bâton, ta houlette sont là qui me consolent" (Ps 23, 4). Cette présence de l’Esprit Saint dans nos âmes est le meilleur remède aux moments de désolation et d’épreuve, le meilleur encouragement pour nous relever après la chute et continuer à avancer. Comment dire tout ce qu’a représenté, pour Nuestro Padre, cette présence de Dieu en son âme ! En un moment de difficulté très spéciale, il écrivait : "Aujourd’hui j’ai été malade, j’ai été triste, j’ai été seul, j’ai pleuré... Et c’est alors que m’est revenu brusquement l’idée de la réalité la plus resplendissante qui soit dans notre vie de chrétiens. J’ai Dieu au plus intime de mon cœur ... Tout est arrangé ! Adieu solitude, adieu tristesse, adieu larmes : je l’ai en moi tout entier, il est avec moi, il me console, il me guérit (...) Seulement DIEU, mes enfants, seulement DIEU... Il guérit les blessures les plus douloureuses, il console les peines les plus profondes, il soulage les moments les plus tristes de la vie. Dieu comprend tout notre idéal. Dieu embellit les champs et fait chanter les petits oiseaux. Dieu est digne de l’amour de nos cœurs, il est l’ami, le Père et le Frère. Il ne manque jamais... Il est fidèle" (Lettre du 4 juin 1946).

La conscience d’être demeures de l’Esprit Saint doit nous pousser à prendre soin du précieux trésor que nous portons en nous pour que rien ni personne ne puisse nous le dérober. Le péché est la plus grande des disgrâces qui peut nous arriver, c’est la mort de l’âme, la profanation de ce temple saint que chacun de nous est. Comme les âmes qui vivent en état de péché sont tristes, elles ressemblent à la solitude d’une église en ruines, à un Tabernacle vide. A partir de là, on comprend mieux l’insistance de l’exhortation de saint Paul à mourir au péché, d’aspirer aux choses du ciel, non à celles de la terre (cf Col 3, 2). C’est au cours de la prière que se situent cette conversion de l’âme vers Dieu et cette purification du cœur.

"Bien qu’il soit bon d’exercer à chaque instant la vertu de la charité, ces jours de carême nous y invitent d’une manière plus pressante".
Nous devons lutter pour garder purs notre cœur et notre corps, comme geste d’amour ; respecter notre corps et respecter et aimer les autres parce qu’ils sont temples vivants de Dieu. Ces combats de l’amour sont ardus et longs, mais extraordinairement féconds, parce qu’ils nous conduisent à la plénitude de l’amour. Notre foi chrétienne ne fait, ni de notre corps, ni de notre sexe, l’instrument du démon, comme certains le pensent. Pas du tout. A partir du moment où le Fils de Dieu s’est fait homme, il a aussi assumé un corps humain (cf. Hb 10, 5-10), purifiant et anoblissant jusqu’à leur plus extrême expression, toutes les réalités créées, la corporéité humaine, la sexualité elle-même, comme expression de l’amour divin. Telle est la dignité, la "sacralité" de ce corps, demeure de la Trinité qui, associé à notre âme, participera à la résurrection. Le carême, donc, est un appel du Christ à la conversion et c’est cette grâce que nous devons demander avec insistance. Convertis-moi, Seigneur, pour que je me convertisse ! Il n’y a que lui qui puisse nous convertir d’une vie de péché à une vie de grâce, d’une vie médiocre à une vie fervente et généreuse, d’une vie bonne à une vie sainte. Cela doit produire une immense joie en nos cœurs parce que s’il nous le demande, c’est à cause de l’immensité de son amour pour nous. Il ne veut que notre bien.

4) Le don aux autres par la charité et l’apostolat.

"Dieu est amour" (1Jn 4, 8) et son amour a été versé dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné" (cf. Rm 5, 5). L’amour du prochain vient comme réponse à cette réalité du fait que chacun d’entre nous est le temple de l’Esprit Saint, objets de l’amour infini de Dieu. "Dieu est amour, et l’amour du prochain - nous rappelle Benoît XVI dans son encyclique récente - sont inséparables, ne sont qu’un seul et unique commandement. Tous les deux cependant vivent de l’amour prévenant de Dieu qui nous a aimés le premier (Deus Caritas est n° 18). C’est la raison pour laquelle l’amour peut être commandé parce qu’il est d’abord donné" (n° 14). La charité est un don de l’Esprit Saint. C’est lui qui nous apprend à découvrir Jésus-Christ lui-même en chaque personne, c’est lui qui peut le mieux modeler notre cœur sur les sentiments du Cœur doux et humble du Christ pour que, comme lui, nous sachions pardonner, être patients, comprendre, vivre en attitude de service. En ce sens, combien sont éloquentes les paroles que saint Jean Chrysostome met dans la bouche du Christ :"Je suis venu pour servir et non pour être servi. Je suis ami, et membre et tête, et frère et sœur et mère ; je suis tout et avec toi je ne veux que l’intimité. Moi, pauvre pour toi, mendiant pour toi, crucifié pour toi, enseveli pour toi ; au ciel, pour toi devant le Père ; et sur la terre je suis son envoyé devant toi. Tu es tout pour Moi, frère et cohéritier, ami et membre. Que veux-tu de plus ?" (Homélie 76 sur saint Matthieu).

Nous faisons partie d’un Mouvement qui est né de l’amour de Dieu et dont l’unique raison d’être en Eglise, est de connaître, de vivre et de transmettre cet amour. C’est pourquoi il n’y a rien qui puisse davantage attrister Dieu, et nous faire souffrir, que nos manques de charité, même si ce n’est que dans les petits détails. "N’éteignez pas l’Esprit Saint" (1Th 5, 19), nous demande saint Paul. Finalement l’Esprit Saint nous rend la charité savoureuse ainsi que le service des autres, jusqu’à les convertir en une manière d’être naturelle. Nous devons arriver à aimer tous nos frères, non par commandement, uniquement comme une exigence, mais par connaturalité, par rayonnement de la bonté d’un cœur rempli de Dieu. Saint Grégoire le Grand, parlant du Carême, disait : "S’il est bien vrai que tout moment est bon pour exercer la vertu de charité, les jours de carême nous y invitent de façon plus pressante ; si nous désirons arriver à Pâques, sanctifiés en notre âme et notre corps, nous devons porter un intérêt absolument spécial à l’acquisition de cette vertu qui contient en elle toutes les autres et couvre une multitude de péchés" (Sermon 10, sur le carême, 3-5).

« Que marie soit toujours présente dans tes paroles et dans ton cœur ; et pour obtenir son intercession, ne t’écarte pas de son exemple de vertu »
« Que marie soit toujours présente dans tes paroles et dans ton cœur ; et pour obtenir son intercession, ne t’écarte pas de son exemple de vertu »
A côté de la charité, il y a aussi une autre manière de faire que ce Règne du Christ en nous par la grâce, s’étende à tous les hommes. Je veux parler de l’apostolat du témoignage personnel et des actions concrètes. L’amour qui se garde, qui reste enfermé, finit par mourir d’asphyxie. Nous sommes apôtres et nous ne pouvons pas aimer vraiment Dieu et rester les bras croisés devant les besoins de nos frères et de l’Eglise. L’apostolat est un excellent moyen de charité. Jésus-Christ, ressuscité, avant son départ de ce monde, nous a laissé l’Esprit Saint en nous donnant ce commandement : "Allez dans le monde entier et prêchez l’Evangile à toute la création" (Mc 16, 15). Nous sommes chrétiens, c’est-à-dire envoyés par le Christ, dans les rues, dans nos lieux de travail, dans nos familles et au milieu de nos amis, dans les écoles et les universités. Nous avons été envoyés avec la mission de témoigner du Christ, de faire que tous puissent le rencontrer et fassent l’expérience de son amour : cette expérience qui a changé notre vie, à nous.

L’Esprit Saint est le seul qui puisse faire tomber nos barrières, faire disparaître la fausse timidité ou les complexes, comme il le fit pour les Apôtres à partir du jour de la Pentecôte. C’est ce que nous voyons chez tant de chrétiens qui éclairent le monde de leur témoignage ; c’est ce que nous voyons et qui nous pousse à remercier chez tous les membres du Mouvement qui, non seulement font de l’apostolat, mais qui sont eux-mêmes apôtres, qui se dépensent et vivent leur mission apostolique en plénitude. Comme ils nous édifient et quel bien ne font-ils pas à tout le Corps de l’Eglise. La question au sujet de notre identité chrétienne est toujours là et nous interpelle. Nous sommes chrétiens, à qui avons-nous parlé du Christ. Nous sommes enfants de l’Eglise, que faisons-nous pour venir en aide aux besoins de notre mère et devant tant de souffrances ? Nous sommes membres du Regnum Christi, que faisons-nous pour que ce don de l’amour de Dieu sur nos vies soit mis à la portée de beaucoup d’autres, qu’il puisse mieux servir l’Eglise et étendre efficacement le Règne du Christ ? L’Eglise a besoin d’apôtres préparés et enflammés au feu de l’amour Dieu. Ceci est ce que chacun d’entre nous doit faire et ce que l’Esprit Saint veut faire avec beaucoup d’autres. Comme saint Paul, l’urgence de la mission devrait brûler en nous : "Honte à moi si je n’évangélise pas !" (1Co 9, 16).

Les missions traditionnelles pendant la Semaine Sainte représentent assurément une façon très heureuse et très concrète d’étendre le Règne du Christ. Des dizaines d’évêques et des centaines de curés nous demandent de plus en plus de missionnaires pour travailler avec eux à l’évangélisation. Le service que la Légion et le Regnum Christi assument déjà dans de nombreux diocèses et de nombreuses paroisses est vaste, mais c’est encore bien peu en comparaison des immenses besoins de l’Eglise. Je profite de cette lettre pour inviter tous ceux qui n’ont pas encore pu bénéficier de cette expérience merveilleuse, à ne pas laisser passer cette année sans profiter de cette occasion pour le Christ ; et à tous les autres, qu’ils continuent à y participer avec un enthousiasme toujours nouveau. La moisson est abondante et Dieu leur a réservé des grâces nouvelles et uniques chaque année.

C’est l’Esprit Saint qui a conduit le Christ au désert pendant quarante jours (cf. Mt 4, 1). A son exemple, la meilleure façon de vivre notre carême est de nous laisser conduire, nous aussi, par l’Esprit Sanctificateur, dans ce désert fécond et rénovateur, grâce au dialogue habituel avec lui, la docilité à ses inspirations, la conscience de sa présence réelle dans nos âmes et le don de soi aux autres grâce à la charité et à l’apostolat. Prions beaucoup, comme toujours, pour les vocations. Le Christ ne va pas laisser son Eglise sans vocations. Prions l’Esprit Saint pour que nous soyons toujours conscients du fait que ce ne sont pas les appels qui manquent, mais que ce sont les réponses. Ne nous lassons pas de lui demander à lui, les uns pour les autres, avec cette belle prière que nous récitons si souvent : "Viens, Esprit Saint, et allume en nous le feu de ton amour ! Viens Esprit Saint et transforme nos foyers, nos sections et nos apostolats, pour que nous soyons saints en vérité, que nous soyons des apôtres courageux, amoureux du Christ et fidèles fils de l’Eglise !" Un dernier mot pour nous mettre dans le cœur de notre Mère, Marie. Elle accompagnait ses apôtres dans la prière, se préparant pour la venue de l’Esprit Saint. Sa présence, simple et silencieuse, leur communiquait courage et entrain au cœur de la crainte et de la solitude. Elle nous soutient toujours. La prière de saint Bernard peut nous aider : "Si se lèvent les vents de la tentation, si tu trébuches sur les obstacles de la tentation, regarde l’Etoile, appelle Marie. Si s’agitent les vagues de l’orgueil, de l’ambition ou de la jalousie, regarde l’Etoile, appelle Marie. Si la colère, l’avarice ou l’impureté agitent violemment la barque de ton âme, regarde Marie. Dans les dangers, dans les angoisses, dans les doutes, pense à Marie, invoque Marie. Que Marie ne s’éloigne jamais de ta bouche ni de ton cœur ; pour obtenir son secours intercesseur, ne t’éloigne pas de l’exemple de sa vertu. Si elle te tient la main, tu ne tombes pas ; si elle te protège, tu n’as rien à craindre ; si elle te guide, tu ne te fatigueras pas et, si elle te protège, tu atteindras heureusement le port." (Homélie sur la Vierge Marie, 2).

"Lors de la prochaine fête de Pentecôte, nous avons un rendez-vous particulier avec le Pape au coeur même de l’Église".
Mes chers amis et membres du Regnum Christi, à la prochaine Pentecôte nous avons un rendez-vous spécial avec le Pape, au cœur même de l’Eglise. Je ne voudrais pas terminer cette lettre sans vous exhorter à recevoir cette invitation que le Christ nous fait par l’intermédiaire de son Vicaire. Ce pèlerinage représente pour tous, enfants, jeunes et familles, une occasion extraordinaire de renouveler et fortifier notre foi personnelle auprès du Rocher de Pierre. Une occasion unique pour faire l’expérience de l’universalité et de la diversité des charismes au sein de l’Eglise et d’approfondir notre amour envers elle. Ce seront des jours où nous pourrons vivre dans une ambiance familiale au milieu d’un très grand nombre de nos frères dans la foi arrivant de toutes les régions du monde. La prochaine rencontre de Pentecôte sera une occasion historique où nous pourrons manifester tout notre appui, notre amour et notre adhésion filiale à notre cher Pape Benoît XVI. Que notre présence soit une occasion de lui dire qu’il peut compter sur nous, que nous voulons continuer à être fidèles à notre mission dans l’Eglise et que, comme il nous l’a lui-même demandé à plusieurs occasions, nous prions pour lui et que nous ne le laisserons pas seul.

Ce carême, chers amis, marque aussi le début de notre pèlerinage vers cette Rencontre de Pentecôte à Rome. Avec la grâce de Dieu, nous nous verrons là dans deux mois. En attendant, je vous envoie un salut cordial et je vous promets de prier pour vous tous. Merci pour vos prières ! Dieu seul sait tout ce qu’elles représentent. Bien à vous dans le Christ.

Alvaro Corcuera. L.C.




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Evenement Lieu Date Responsable
Retraites mensuelles pour hommes Paris 2006 Inconnu
Retraites mensuelles hommes et femmes Lille 2006 Inconnu
Retraites mensuelles pour femmes Paris 2007 Mme M. Calderon
CERCLE D’ETUDES PARIS 2007 Mme M. Calderon
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 Méditation du jour :
Jésus se révèle

 Intention du jour :
Que la liberté religieuse soit respectée dans tous les pays.

 Vos intentions :
Confiez vos intentions de prieres aux novices de la Légion du Christ.

 Telechargez :
La conférence du P. Alvaro Corcuera "L'Eucharistie et la Charité" .

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