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Lettres de notre fondateur

Lettre du père Maciel à tous les jeunes du mouvement Regnum Christi

Nous publions ci-dessous une lettre de notre fondateur, le père Marcial Maciel aux jeunes du mouvement Regnum Christi. En bas de page, vous trouverez ce même texte en .pdf

Que ton Règne vienne !

Mexico, le 21 février 2006

A tous les jeunes du Regnum Christi

Chers jeunes :

Je voudrais que ces lignes me permettent d’être à côté de chacun d’entre vous pour partager les joies et les craintes, les réussites et les difficultés que représente votre lutte quotidienne pour être de bons disciples du Christ. Vous êtes tous bien présents, avec une affection spéciale, en ma prière.

Le thème dont je voudrais vous parler est d’une grande transcendance pour l’Eglise et pour vos vies. Je veux parler de l’importance d’entretenir, dès l’adolescence, une attitude de générosité en face de l’amour personnel que Dieu a pour chacun d’entre vous. Générosité qui se traduit par une disponibilité réelle à ce que Dieu peut vous demander. Et, une des manifestations de cette générosité, et c’est le thème spécifique de cette lettre, c’est le don total d’une période de votre vie personnelle pour être collaborateur au Regnum Christi.

Cory Keenan
Cory Keenan

Comme vous le savez, un collaborateur ou une collaboratrice, est un membre du Regnum Christi qui offre à Dieu une période de sa vie pour travailler à temps complet au service de l’Eglise. Chers jeunes, je voudrais vous inviter à considérer cette possibilité comme une invitation personnelle que le Christ offre à chacun d’entre vous en particulier.

Pourquoi être collaborateur ?

1) Être collaborateur est une façon de répondre à l’immensité de l’amour que Dieu lui-même vous a manifesté.

Chacun d’entre nous a, vis-à-vis de Dieu, une dette insolvable ; la vie, la santé, notre famille, les qualités qu’il nous a données, toutes les occasions de formation, les études, les possibilités de bien-être que beaucoup d’autres jeunes n’ont pas. Sans parler des dons reçus dans l’ordre surnaturel : la grâce inestimable de la foi et du baptême, la possibilité de connaître et d’aimer Jésus-Christ, de recevoir son pardon par le sacrement de la confession, notre appartenance à l’Eglise, la grâce d’avoir été appelés à faire partie de cette œuvre de Dieu que représente le Regnum Christi, à ce moment unique de l’histoire, avec tant de moyens humains et spirituels à notre disposition.... la liste serait interminable. Nous sommes des privilégiés de Dieu ! Et tout cela, mes chers jeunes, nous l’avons reçu sans même l’avoir mérité, uniquement par pur amour de Dieu. Ce que nous avons reçu gratuitement, nous devons le donner à pleines mains, gratuitement.

Le collaborateur est celui qui éprouve en son cœur le besoin de répondre à Dieu, non au titre de la justice, parce que nous ne pourrons jamais payer Dieu de tout ce qu’il nous a donné, mais par gratitude, pour lui dire par des faits, que nous ne sommes pas indifférents devant son amour.

« Quand je suis parti de chez moi pour être collaborateur - raconte un jeune de 23 ans -, j’estimais que je donnais beaucoup à Dieu. J’avais laissé ma famille, ma fiancée et ma carrière. Mais quand j’ai vu ces renoncements avec les yeux de celui qui est au pied de la croix du Christ, je n’ai pas eu grand peine à comprendre que ce n’était rien par rapport à l’amour que le Christ a pour moi. C’était le moins que je pouvais faire pour lui. Comme collaborateur, en contemplant le Christ sur la croix, j’ai appris ce que signifiait le véritable amour ». L’amour, base de notre réponse au Christ, devrait nous pousser à donner le maximum possible, à nous demander continuellement « qu’y a-t-il que je puisse encore donner à Dieu ? », sans marchandage mesquin.

Il est certain qu’il y a d’autres façons de répondre à Dieu. Mais il est également certain qu’à une mesure si surabonde comme celle que Dieu a utilisée pour chacun d’entre vous, correspond une mesure débordante, pleine, généreuse. D’un autre côté, que représentent quelques années de collaborateur en face des 70, 80 années, ou même davantage, que Dieu nous accorde ? Cela ne représente pas même les 3% de notre vie. Cependant, cela suffit - et l’expérience le prouve - pour qu’elle prenne un tournant radical.

Le père Maciel et Jean Paul II
Le père Maciel et Jean Paul II

2) Être collaborateur est une formidable occasion de formation que vous ne pouvez pas laisser échapper.

Les années de collaboration sont la meilleure université pour apprendre la vie, une occasion exceptionnelle de maturation et d’enrichissement humain et spirituel qu’on trouvera difficilement en d’autres circonstances. Le Mouvement vous offre la possibilité de connaître d’autres ambiances et d’autres pays, de partager, en famille, la vie d’autres amis qui vibrent aux mêmes idéaux et d’élargir l’horizon de vos amitiés. Il vous offre, en plus, la possibilité de vous connaître mieux et d’acquérir des capacités en de nombreux domaines, en réalisant des apostolats très divers et en vous confiant des postes de responsabilité. Tout cela suppose une série de méthodes, de savoir-faire et d’expériences précieuses pour vos années d’étudiants et votre travail professionnel tout comme pour votre foyer et votre future famille, ou, pour certains, pour votre vocation à la vie sacerdotale ou consacrée.

Mais, de façon spéciale, les années de collaborateur vous favorisent le climat spirituel idéal pour rencontrer ce Dieu que vous désirez connaître plus à fond pour l’aimer davantage et le suivre : seuls ceux qui sont généreux découvrent ce chemin ; ceux qui, comme Abraham, quittent la terre de leur petit monde et de leurs intérêts personnels, pour aller là où Dieu les envoie. Comme collaborateurs, vous vivrez dans une oasis de spiritualité au milieu du désert du monde, entourés de moyens exceptionnels pour apprendre et goûter l’art merveilleux de la prière, pour approfondir la pratique des vertus et surtout pour découvrir une relation nouvelle, beaucoup plus personnelle et intime, avec Jésus-Christ, apprendre à l’aimer, lui et ses idéaux, en vivant et en luttant avec lui à l’extension de son Règne. Il s’agit de faire, en définitive, une expérience similaire à celle des deux jeunes disciples, André et Jean : « Venez et voyez » (cf. Jn 1, 35-39). Le Christ, l’Eglise, les âmes, la foi catholique, la vocation au Mouvement... Ces réalités ne se ressentent comme personnelles que si on les aime et on ne peut les aimer que si on a lutté et renoncé à d’autres choses pour elles.

Si vous y réfléchissez bien, nous ne sommes pas en train de faire faveur quelconque à Dieu en étant collaborateurs, c’est plutôt lui qui nous en fait une. En réalité, plus que de donner des années, nous offrons au Christ l’occasion de nous combler de grâces et de nous donner à pleines mains. Ceci est peut-être une expérience commune à tous ceux qui ont été collaborateurs ou collaboratrices. Comme cette jeune fille qui disait : « Il m’a donné plus que ce que je pouvais lui donner. Si la vie était un concours de générosité, c’est nous qui perdrions. Je suis très contente de lui avoir donné mon temps, mes efforts et mon amour, cette petite partie de ma vie en réponse à tout ce qu’il m’a donné ». Jésus-Christ ne se laisse jamais dépasser en générosité. Le Christ, mes chers jeunes, n’est pas un trouble-fête qui cherche à vous mettre mal à l’aise au moment le plus inopportun. En vous demandant d’être collaborateurs, il ne vous prend pas votre jeunesse et ne porte pas atteinte à votre avenir, il ne vous dérobe pas vos occasions d’étudier ou de travailler, il ne coupe pas non plus les liens affectifs avec ceux que vous aimez ou avec vos amis. Au contraire, il rend tout plus fort encore meilleur. Il ne songe qu’à votre fidélité et veut vous donner le cent pour un, avec des intérêts. Je n’ai encore jamais rencontré un jeune garçon ou une jeune fille qui, ayant tout donné au Christ, se soit senti dépouillé par lui. « N’ayez pas peur du Christ, il n’enlève rien et donne tout » (Benoît XVI, homélie à la messe d’ouverture de son Pontificat 24 avril 2005).

3) Les âmes et l’Eglise ont besoin de vous.

« La récolte est abondante et les ouvriers sont peu nombreux » (Lc 10, 2). Jeunes du Regnum Christi, je vous invite à ouvrir les yeux de votre cœur et à contempler le monde qui vous entoure. Sur six personnes vivant en ce monde, quatre ne connaissent pas le Christ. A cause du manque de prêtres, de plus en plus d’êtres humains, surtout dans les pays dits du Tiers-Monde, ne trouvent personne pour leur apporter la Parole du Christ (dans les pays latino-américains, par exemple, la proportion est de vingt mille fidèles par prêtre). Il y a chaque jour une avancée invincible des sectes qui détruisent la foi de milliers de catholiques (au nord du Mexique, une seule secte a, à elle seule, plus de dix mille « missionnaires ». Nous pouvons tous constater les effets dévastateurs de la sécularisation, du matérialisme et de l’hédonisme, surtout dans les pays de vielle tradition chrétienne (églises vides, familles brisées, jeunes qui errent sans but, livrés à la drogue et au vice).

Il est triste de voir que les immenses champs de blé, déjà mûrs pour la moisson se perdent parce qu’il n’y a personne pour la récolte. Humainement, on se sent impuissant en voyant le travail incessant des collaborateurs du mal qui sèment l’ivraie. Il y a tant de possibilité de faire le bien ; les pétitions et les initiatives qui nous arrivent chaque jour, sont si nombreuses et, pourtant, dans la majorité des cas malheureusement, la réponse est toujours la même : nous n’avons pas assez d’hommes et de femmes !

Il est vrai que chez nous ou dans notre section, nous pouvons faire beaucoup de bien, mais ce qui importe ce n’est pas seulement de faire le bien, mais surtout de le faire comme Dieu nous le demande. Devant un tel panorama, quelqu’un pourrait se dire : « à quoi servira le peu que je peux faire ? » Cependant, ce qui est impossible aux hommes ne l’est pas pour Dieu. Il a suffit que le Christ ait cinq pains et deux poissons pour donner à manger à la multitude, et douze apôtres pour convertir l’empire romain. Pour le Christ notre petitesse suffit, que chacun se prête avec un oui généreux et disponible, et lui fera le reste.

Pourtant, votre réponse n’est pas une réponse de plus. Il n’est pas indifférent qu’il y ait un collaborateur de plus ou de moins parce que le salut éternel d’une seule âme n’est en rien indifférent, tout au moins ne le fut-il pas pour le Christ, sur la croix. Il y a des centaines de milliers d’âmes que le Christ veut toucher par votre intermédiaire. « Allez dans le monde entier et prêchez l’Evangile à toute la création » (Mc 16, 15). Cher jeune, c’est Jésus-Christ lui-même qui regarde chacun de vous avec une grande espérance ; c’est lui qui vous envoie à tous les recoins du monde pour être ses mains, ses pieds, sa voix, son cœur grâce auxquels il continuera à prêcher, à consoler, à aimer tous les hommes et toutes les femmes qui vous attendent sans même vous connaître. Il est doux, il est véritablement enthousiasmant de se sentir instrument dans les mains de Dieu pour lui permettre de réaliser son plan de salut !

Le champ apostolique qui s’ouvre devant un jeune qui veut être collaborateur est vraiment passionnant. Grâce aux collaborateurs et aux collaboratrices, nous avons pu fonder le Mouvement en de nouveaux pays, ouvrir des sections d’apostolat en des villes où nous ne pouvions pas compter sur la présence d’un prêtre ou d’une âme consacrée. Certains collaborent à l’actualité avec des projets d’envergure dans le domaine de la charité chrétienne et sur différents projets avec les évêques et les curés sur les terres d’évangélisation, d’autres occupent un poste irremplaçable dans le domaine de l’éducation de l’enfance et de la jeunesse (le jeune est celui qui peut le mieux évangéliser les jeunes), et dans les moyens de communication sociale, etc.

Le Regnum Christi ne pourrait continuer à servir l’Eglise en de si nombreux pays sans la générosité, sans le travail dévoué et la fidélité de ses collaborateurs. En tant que Fondateur, c’est à vous tous que j’adresse ma sincère gratitude, à ceux d’aujourd’hui, à ceux d’hier et aussi à tous ceux qui viendront, d’avoir parié sur votre jeunesse pour cette œuvre de Dieu, pour avoir cru au Christ et à son pouvoir de vous rendre heureux. Vous êtes une raison de grande consolation et d’espoir pour l’Eglise et le Pape ; votre témoignage de vie représente un encouragement pour tous et la réalisation de l’idéal de l’homme et de la femme du Règne que cherche le mouvement en chacun de ses membres.

Celina Flanagan
Celina Flanagan

4) Les années données à Dieu et aux autres sont le meilleur investissement.

Nous avons été créés pour jouir de Dieu au ciel pour toute l’éternité. Tout dans notre vie est un moyen pour atteindre ce but final, désir intime qui réside en chacun de nos efforts pour être heureux. Au fil des années, cependant, nous sentons que notre vie, la seule que nous ayons, se consume en mille occupations - souvent bonnes et nécessaires - dont la portée ne dépasse pas l’horizon terrestre. Le jour de notre mort, nous laisserons ici-bas, la majorité des choses pour lesquelles nous avons tant lutté et travaillé (carrière, titres, argent, biens matériels... ). Il ne restera pour l’éternité, comme nous le dit Jésus dans la parabole du jugement final, que ce que nous aurons fait par amour de Dieu et des autres (cf. Mt 25, 31-46).

C’est pourquoi, si nous regardons avec réalisme ce qui compte vraiment face à l’éternité, nous voyons qu’il ne peut y avoir d’acte plus noble et de temps mieux investi que celui que nous passons à aider le Christ pour que d’autres personnes atteignent leur bonheur éternel. C’est la plus grande des faveurs que nous puissions faire à un homme. D’une certaine façon, en sauvant une âme, nous garantirons aussi la nôtre.

On pourrait se dire : « Oui, très bien, mais ceci n’est pas pour moi... ». Etre collaborateur, ou collaboratrice, n’est pas une question de se sentir digne ou capable, il n’est pas non plus question de vocation, mais de GENEROSITE pour « ne rien opposer à l’amour du Christ » comme nous le rappelait le Pape Benoît XVI au début de son pontificat. La vertu de générosité est une traduction directe de la Loi évangélique de « perdre sa vie pour la gagner » (cf. Mt 16, 25), qui nous rappelle que le seul chemin de bonheur, pour tout être humain, est le don de soi, libre et personnel, par amour. N’avez-vous pas, vous-mêmes, éprouvé le bonheur profond de « gagner sa vie » quand vous avez été généreux, alors que, au contraire, vous avez ressenti la tristesse et le vide de celui qui, par égoïsme, a voulu la garder pour lui, comme ce jeune homme riche de l’Evangile (cf. Mt 19, 22) ? A quoi sert notre vie si nous ne la donnons pas pour le Christ ? Qu’apporterons-nous à l’éternité si nous la gardons pour nous ?

La vie que nous vivons ne laisse pas de place aux chrétiens médiocres. Ce sont des temps durs mais, pourtant, passionnants pour qui les vit avec authenticité. Jésus-Christ, mes chers jeunes du Regnum Christi, ne vous promet pas un chemin de roses ou de victoires faciles. Il vous demande de monter toujours plus haut dans un monde où la générosité et le sacrifice ne sont pas à la mode ; il nous appelle à sortir de l’arrière garde, à aller à contre-courant, sans avoir honte de votre foi et de votre fidélité à l’Eglise, d’être levure dans la masse, lumière de l’Evangile dans un monde qui aime ses ténèbres. Le Christ vous invite à être ses amis inconditionnels dans les bonnes et les mauvaises choses, à tomber et à nous relever, à être apôtres du style de saint Paul, à jeter les filets en son nom une et mille fois pour gagner de plus en plus d’âmes à sa cause. N’ayez pas peur de crier au monde qu’en vérité Jésus-Christ vaut la peine, qu’il n’y a pas meilleure satisfaction que de donner sa vie pour lui au service des autres. Ce n’est pas facile, je le sais ; mais nous savons qu’il sera toujours avec nous (cf. Jn 16,33) et que nous serons vainqueurs de tout ce qui nous arrivera par la grâce de celui qui nous a aimés (cf. Rm 8, 37).

Le Catéchisme nous rappelle que « les laïcs sont chargés, par Dieu, de l’apostolat, en vertu du baptême et de la confirmation. Ils sont tenus par obligation et jouissent du droit, individuellement ou en associations, de travailler pour que le message divin de salut soit connu et reçu par tous les hommes et sur toute la terre » (n° 900). Donc, l’appel à être collaborateur est, pour le jeune, une conséquence de son appartenance au Regnum Christi. Donner un temps de sa vie comme collaborateur ou collaboratrice, devrait être la réponse normale et spontanée d’un membre du Mouvement, parce que la générosité est l’oxygène que respire l’âme qui, en vérité, a compris la valeur éternelle de sa vie et qui n’est pas indifférente à l’amour de Dieu pour elle et pour les hommes ses frères. « Annoncer l’Evangile n’est pas pour moi, un titre de gloire, c’est une nécessité qui m’incombe. Oui, malheur à moi si je n’annonçais pas l’Evangile » (cf 1Co 9, 16).

A quel moment être collaborateur ?

Il n’y a ni moment ni circonstances idéales, c’est-à-dire, sans difficultés ni inconvénients, pour être généreux envers Dieu, parce qu’il n’y a pas de dévouement sans renoncement. La générosité fait toujours « souffrir ». Par expérience personnelle, je peux vous assurer qu’il n’y a pas de meilleur moment pour être collaborateur que celui où Dieu le demande, ce qui ne coïncide pas toujours avec les plans personnels. Le Mouvement recommande de donner des années à la fin des études universitaires ou lorsqu’elles sont suffisamment avancées parce que cela correspond à une période de plus grande maturité et de meilleure stabilité dans la vie. Cependant, certains préfèrent donner leur temps avant de commencer leur carrière. En ce sens, le conseil du directeur spirituel peut apporter une grande aide.

Nous savons très bien que nous aurons toujours des excuses et des justifications, même bonnes, pour retarder une décision de ce type ; d’autre part, au fil des années, les engagements et les obligations ne font qu’augmenter. La décision d’être collaborateur demande, en certaines occasions, de faire passer d’abord certaines choses importantes et bonnes avant une autre meilleure et plus importante. En définitive, il s’agit véritablement de donner à Dieu la première place dans notre vie et non le temps qui nous reste lorsque nous avons assuré nos intérêts, comme la monnaie qu’on laisse en plus au moment de payer un service. Il y a beaucoup de jeunes qui sacrifient un temps de leur vie pour des choses parfois banales ou mêmes incertaines. Si nous avons à retarder le moment de collaboration, que ce ne soit pas par manque de générosité, parce que « ça fait mal ».

Jean Paul II, ce grand saint et cet homme extraordinaire que nous admirons tous et dont nous nous souvenons avec tant d’affection, n’aurait pas « existé » si, à un moment déterminé de sa jeunesse il n’avait pas eu la générosité de faire passer l’appel au sacerdoce lancé par le Christ avant d’autres projets qui lui étaient suggérés (études, amitiés, théâtre...) et avec même de gros risques pendant la guerre. On trouve des choses semblables, au cours de l’histoire, chez tous les hommes et les femmes qui ont entendu l’appel de Dieu à une plus grande générosité. C’est pourquoi, quand vous entendez l’invitation du Christ qui vous dit : « Suis-moi, maintenant », souvenez-vous aussi de cette promesse associée à la première : « occupe-toi de mes affaires et je m’occuperai des tiennes (ta famille, tes fiançailles, ta carrière ou ton travail, ton avenir... » (cf. Mt 6, 33)

Un groupe de collaboratrice en Argentine
Un groupe de collaboratrice en Argentine

Mes chers jeunes du Regnum Christi, je me suis permis de vous parler en toute confiance, poussé uniquement par l’amour que j’ai pour vous dans le Christ et pour l’urgence de la mission qui nous unit. Je voudrais terminer en invitant chacun personnellement à se mettre devant l’Eucharistie et à réfléchir à ces idées au cours d’un dialogue avec lui et, levant les yeux vers le Christ crucifié, demandez-lui : « Toi, tu as fait cela pour moi, et moi, que suis-je prêt à faire pour toi ? Que veux-tu de moi, Seigneur ? ». N’ayez pas peur de dire oui au Christ, de vous décider à donner à Dieu, sans attendre demain, le temps de vie qu’il veut et comme il préfère. Un oui sans conditions. Souvenez-vous toujours que seul celui qui aime et sait être généreux triomphe dans la vie et se réalise en tant que personne. Le secret pour être heureux n’est pas de vouloir mettre Dieu dans ses plans, comme le fit le jeune homme riche, mais de se mettre dans les plans de Dieu : « Me voici, Seigneur, envoie-moi » (Is 6, 8).

N’oubliez pas que vous pourrez toujours compter sur la grâce de Dieu et l’affection maternelle de Marie, la femme du oui par excellence. Je vous promets un souvenir constant dans ma prière et je vous envoie ma bénédiction sacerdotale. Affectueusement votre en Jésus-Christ.

Père Marcial Maciel. L.C.




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