Que ton Règne vienne !
Aux membres et aux amis du Regnum Christi,
sur la façon de vivre chrétiennement la Nativité.
Très chers en Jésus-Christ,
Nous venons de commencer l’Avent, un des temps "forts" de l’année liturgique, temps de préparation pour célébrer le grand événement de la naissance de notre Seigneur Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme.
On perçoit déjà dans l’ambiance environnante un climat d’attente. Les rues des villes se remplissent de lumière, le grand mouvement commercial qui accompagne cet événement se met en marche, les gens s’affairent pour acheter des cadeaux et se préparent à célébrer une grande fête en famille.
Au milieu de tous ces éléments extérieurs, comme il est facile de se laisser entraîner par l’agitation, les préparatifs et tout l’élément extérieur de la célébration en oubliant la raison que nous avons de faire la fête ! C’est la raison pour laquelle je vous invite à faire une halte un court instant pour considérer comme il est important de profiter de ces jours pour préparer une place à Jésus-Christ dans notre cœur.
La sécularisation de Noël
Les fêtes de Noël sont attendrissantes Nous, les hommes, nous sommes émus de voir que Dieu a voulu venir au milieu de nous, dans l’humilité d’un tout petit enfant, qui ne nous effraye pas mais qui, au contraire, nous inspire confiance et dont nous pouvons nous approcher malgré notre condition de pécheurs : il nous révèle tout l’amour de Dieu pour ses créatures.
Noël est une fête débordante de joie parce qu’elle nous montre que Dieu en personne est venu nous chercher, nous sauver, qui est venu pour que nous ne nous sentions plus jamais seuls et loin de lui. De cette joie ont jailli un grand nombre de belles traditions : échange de cadeaux, décoration des maisons, chants, réunions familiales, etc.
Les intérêts commerciaux naturels d’une telle célébration peuvent, cependant, transformer une si belle fête en période d’achats et de dépenses. Les "Centres Commerciaux" et les "Grandes Surfaces" deviennent, pour un grand nombre, le véritable but de Noël. La période de l’Avent elle-même, "temps liturgique de silence, de veille et de prières en préparation de la Nativité (Benoît XVI, catéchèse du mercredi, 30 novembre 2005) se transforme, pour ainsi dire, de plus en plus en Nativités qui sont en avance. Les ingénieuses annonces publicitaires ne permettent pas à un grand nombre d’entendre cette autre annonce joyeuse des anges aux Pasteurs : "Aujourd’hui il vous est né un Sauveur, le Messie, le Seigneur" (Lc 2, 11).

Eglise de la Nativité
Nous savons aussi qu’il y a des courants idéologiques opposés à la présence du Christ dans la société qui essayent de vider la Nativité de toute son âme chrétienne et de ne garder que la "coquille" (l’élément festif et social). Ce sécularisme militant fait disparaître les crèches des villes et fait en sorte que les références chrétiennes sur les cartes de vœux, les décorations et la propagande se fondent dans un nuage de vagues sentiments de paix et de joie. Ce sécularisme fait tout ce qu’il peut pour modifier le texte des chants de Noël.
"Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu" (Jn 1, 11). Nous, en tant que chrétiens qui vivons dans le monde sans être du monde, nous devons témoigner auprès de tout le monde qu’il est très beau de célébrer Noël avec des cadeaux, mais que le grand cadeau de Dieu à l’homme est son Fils, Jésus. C’est grâce à lui que nous sommes joyeux, que nous nous offrons des vœux et que nous faisons la fête. Tous les éléments extérieurs sont là pour nous aider à célébrer la naissance du Christ et sa présence parmi nous.
Celui qui a cette joie intérieure, parce qu’il vit la Nativité dans son cœur, est heureux même s’il n’a pas de grands moyens pour la célébrer. Dans l’Eglise répandue sur toute la surface de la terre, nos frères les plus pauvres ou persécutés pour leur foi ou même, incarcérés, célèbrent Noël avec une grande joie intérieure.
Mais à celui qui n’a pas cette joie intérieure, tous les cadeaux et toutes les fêtes du monde ne laisseront qu’un vide immense. Que nous ayons peu ou que nous ayons beaucoup pour la célébration, ce sera Noël si nous accueillons Jésus dans notre cœur.
Noël, la fête de l’amour
Pour les membres du Regnum Christi, Noël revêt une charge spirituelle et émotionnelle très spéciale. Notre charisme en sa totalité, jaillit de ce que nous prenons au sérieux le fait que Dieu, le Tout Puisant et Eternel, le Créateur de tout ce qui existe, mon Créateur, s’est dépouillé de toute sa gloire pour entrer dans notre monde et se faire l’un de nous : "Et le Verbe s’est fait chair et il a demeuré parmi nous" (Jn 1, 14)
Dieu le Père, en voyant avec une grande souffrance que nous nous étions éloignés de lui, a voulu nous envoyer celui qu’il aimait le plus, son Fils. Et il a tout fait pour nous sauver du péché, pour nous ouvrir les portes du Ciel et nous indiquer le chemin du bonheur véritable.
"Il s’est fait homme pour nous enrichir de sa pauvreté" (2Co 8, 9) et, comme le Bon Samaritain de la Parabole, il s’incline devant chacun d’entre nous roué de coups sur le chemin de la vie et à demi mort à cause de nos péchés (cf Lc 10, 30-37). Et pour une seule raison : parce qu’il m’aime, moi, et tous les hommes, y compris ceux qui ne le connaissent pas ou qui le refusent.
La grande nouveauté du christianisme, est qu’il divise en deux l’histoire de l’humanité et ma petite histoire personnelle. Voilà le grand message de Noël qui est rendu présent par la liturgie. C’est un mystère que seuls comprennent ceux qui s’approchent de lui avec la simplicité de la foi et de l’amour, comme Marie et Joseph, les bergers et les Mages. Sans cette simplicité ils n’auraient jamais reconnu Dieu en cet enfant fragile et désarmé.
"Je vous annonce une grande joie" (cf Lc 2, 10). Dès que le Christ s’est fait homme, il n’y a aucun être humain dont la vie, aussi difficile et douloureuse qu’elle puisse paraître, n’ait une valeur infinie aux yeux de Dieu. A Noël, nous découvrons que Dieu veuille sur nous, qu’il est tout proche de nous, qu’il nous aime personnellement, sans conditions. Nous sommes ses enfants.
Quelle grande sécurité et quelle grande paix, quel bonheur profond doit éprouver celui qui sait que Dieu l’aime de cette façon ! Dire "Joyeux Noël !" c’est souhaiter aux autres de faire cette expérience de l’amour de Dieu, pour que le Christ soit pour eux leur raison d’être, leur assurance et leur bonheur.
La Nativité nous apprend à répondre à ce don d’amour en nous faisant don pour les autres, nous mettant à la disposition de tous, comme Dieu le fit pour nous avec l’Enfant de la crèche. Il nous apprend à vivre pour servir et non pour être servis (cf Mt 20, 28) à son exemple.
Quelques traditions pour vivre chrétiennement Noël en famille
Ceux d’entre nous qui avons eu la chance de vivre Noël en famille dès notre enfance, souvenons-nous de la joie que nous avions en célébrant cette fête dans les belles traditions. Chaque culture, vécue dans la foi, a permis différentes manifestations de piété, de charité et de joie.
Toutes ont en commun l’ambiance familiale. Jésus a voulu naître dans une famille et il veut que nous vivions la foi et célébrions sa Nativité en famille.
Il est très important, surtout pour les nouvelles générations, que nous vivions profondément ces traditions en leur donnant toute leur signification, sachant que, comme nous l’avons vu au début, de nombreuses forces combattent pour les détruire et les transformer en choses du passé.
Avent : temps d’espérance joyeuse et attentive
La finalité de l’Avent est d’augmenter en nous le désir du Christ, en l’attendant avec les mêmes dispositions que celles qu’on manifeste quand on attend une personne que l’on chérit infiniment.
Sur ce chemin, nous sommes accompagnés par Marie et par Joseph. Eux, par leur pauvreté matérielle, nous conduisent sur un chemin intérieur, fait surtout de prière, pour contempler avec les yeux de l’âme, remplis d’étonnement, le mystère des mystères : l’Incarnation. C’est le moment de faire une bonne confession et de prendre une résolution sincère pour notre vie de disciples du Christ.
Les manifestations culturelles qui accompagnent la Nativité sont nombreuses. La tradition des arbres de Noël vient des pays anglo-saxons. Dans de nombreux pays d’Amérique il y a les "auberges" qui rappellent Joseph et Marie cherchant un logement à Bethléem. Dans de nombreuses régions, les représentations théâtrales ou "pastourelles" qui aident tant à imprimer les événements successifs de cette nuit de Noël dans l’imagination des enfants, sont assez répandues.
Parmi toutes ces façons de célébrer ces fêtes, je m’arrêterai uniquement sur deux d’entre elles qui aident beaucoup à vivre le temps de l’Avent en famille : il s’agit des couronnes de l’Avent et la crèche ou la naissance de Bethléem.
La couronne de l’Avent : faite de branches vertes à feuilles persistantes, sa forme circulaire symbolise l’amour de Dieu sans commencement ni fin, qui s’est fait homme pour nous donner la vie éternelle. Les quatre bougies représentent les quatre semaines de l’Avent et nous rappellent que Jésus-Christ est la lumière du monde (cf Jn 8, 12) qui vient illuminer les ténèbres dans lesquelles l’humanité vivait par suite du péché.
Chaque dimanche de l’Avent, (ou à un autre jour opportun), toute la famille se réunit pour allumer la bougie correspondante, accompagnant ce simple geste de la lecture d’un passage évangélique sur la Nativité. On peut aussi avoir un court moment de réflexion personnelle ou de prière en commun, avec un chant approprié. Le fait d’allumer une bougie chaque semaine, nous aide à vivre dans l’espérance et nous montre que la lumière du Christ nous illumine nous aussi de plus en plus, au fur et à mesure que nous le connaissons mieux et que nous nous ouvrons davantage à sa grâce.
La tradition des crèches ou des naissances de Bethléem, est assurément une des plus belles et des plus connues parmi celles qui existent. Même très simple, la crèche ne devrait jamais être absente dans un foyer chrétien. La crèche nous rappelle l’ambiance dans laquelle s’est historiquement réalisée la naissance du Christ et nous aide à contempler de nos yeux, la douceur, la simplicité, la pureté, l’humilité, la pauvreté dans lesquelles Jésus est né.
C’est la raison pour laquelle il est très recommandé de faire de la crèche le centre des préparatifs et une manière extérieure de vivre Noël. Sa préparation peut devenir un moment où toute la famille participe et surtout les enfants. Il faut bien choisir l’endroit où elle se situera : un endroit qui permet la contemplation du mystère de l’Incarnation. Quelle merveilleuse occasion la nativité n’offre-t-elle pas aux parents pour parler à leurs enfants de l’amour que Dieu nous manifeste en se faisant homme pour nous ! Tous ces préparatifs de Noël serviront aussi à créer une joyeuse atmosphère spirituelle.
Nuit de Noël et Octave de la Nativité
Le jour de Noël a toujours eu une saveur familiale très intime. De nombreuses familles ont l’habitude de se réunir avant ou après le repas de Noël, ou le jour de Noël, pour se recueillir quelques instant devant la crèche. Là, un membre de la famille, en général le plus jeune, dépose l’enfant Jésus dans la crèche au milieu de la joie de tous. On lit habituellement le passage de saint Luc relatant la nativité (Lc 2, 1-20) et on conclut par une prière en commun ou par un chant de Noël. Ce geste, à la fois simple et solennel, est une façon de mettre la Nativité au centre : non le repas ni les cadeaux, mais le Christ.
De même, pendant les jours de la semaine de Noël, une très belle habitude, pour de nombreuses familles, est de se réunir tous autour de la crèche pour réciter le chapelet ensemble ou, aussi, avant d’aller dormir, de dire bonsoir à l’Enfant Jésus avec un chant de Noël, une prière ou même par un baiser à l’Enfant nouveau-né, en signe d’amour et d’adoration.
Noël, la fête de la charité et du service
Si Noël, comme nous venons de le dire, est la fête de l’amour de Dieu qui se donne à nous en son Fils Jésus-Christ, c’est aussi le moment où l’amour doit resplendir entre les hommes. Et l’amour commence dans sa propre famille : le plus beau cadeau que nous pouvons faire à nos proches, avant les choses matérielles, c’est notre temps, c’est le pardon des frottements et les offenses qui ont eu lieu entre nous, c’est de profiter ensemble de ces moments de vie qui nous réunissent.
Mais Noël nous offre également une occasion splendide pour partager avec les autres, surtout avec les plus défavorisés, le grand trésor de notre foi et tout ce que nous avons, que ce soit peu ou que ce soit beaucoup. Il y a, Dieu merci, de très nombreuses œuvres de charité chrétienne auxquelles les membres de l’ECYD et du Regnum Christi peuvent participer en famille pendant cette période.
Je connais, par exemple, un chef d’entreprise qui, accompagné de quelques-uns de ses enfants, va visiter les familles de ses ouvriers pendant les semaines de l’Avent et partage avec elles, quelques instants de leur vie ; il en profite leur apporter quelques petites délicatesses. Il y a des familles pour lesquelles il est évident que le temps de Noël est un temps de partage et qui veulent l’apprendre à leurs enfants. Nombreux sont ceux qui ont l’habitude de partir une journée complète pour aller dans les maisons de retraite pour personnes âgées, dans des centres pour orphelins ou pour rencontrer des personnes ayant un faible revenu et leur chanter des chansons, leur apporter un peu de joie de Noël, leur offrir une consolation spirituelle, un soutien et quelques petits cadeaux. Ce sont des façons de vivre en famille la charité et la générosité propres à l’esprit de Noël.
Chers amis et membres du Regnum Christi, pendant ces jours de l’Avent, vous serez très présents dans mes prières et je demanderai que vos Noël ressemblent un peu à celui de Bethléem où le silence de la contemplation régnait davantage que le bruit de la rue, la chaleur de l’amour que la superficialité du monde. Et Dieu nous demande si peu... il se contente de quelques simples brins de paille au fond de notre cœur !
Je vous souhaite un saint et joyeux Noël en famille. Je vous quitte et reste toujours votre affectionné serviteur en Jésus-Christ.
Marcial Maciel, L.C.
7 décembre 2005