Nous présentons ici un article publié dans différents journaux espagnols et écrit par D. Alberto José Gonzáles, prêtre du Diocèse de Tolède, auteur de 10 livres.
Nous vivons des heures passionnantes pour l’Église. L’Église de notre temps est appelée à redécouvrir la fraîcheur de l’Évangile, à revivre avec l’enthousiasme du premier amour une rencontre avec Jésus-Christ, à se regarder elle-même comme une fiancée cumulant deux mille ans de jeunesse, et se sachant dépositaire d’une Vérité qu’il est impossible d’essayer de modifier, parce qu’elle est éternelle.
Aujourd’hui, plus que jamais, l’Église doit être convaincue de ce que le monde éprouve le besoin, plus qu’il ne le croit, de la lumineuse et joyeuse splendeur de cette Vérité indiscutable et impérissable. C’est pourquoi, il est vraiment triste parfois, de rencontrer dans cette Église, pleine d’innocence et de limpide beauté, des loups rapaces qui se sont infiltrés et prétendent ébranler, sous le prétexte que « eux en savent davantage », tout un édifice de foi aussi ancien qu’éternellement nouveau. C’est triste, oui, mais pourtant pas décourageant. Moi, au moins, cela me donne du courage, et comment ! Voir que l’Église persiste, avec l’infinie beauté de son visage, la tunique déchirée et le cheveu en sueur, à aimer ses enfants qui la trahissent de l’intérieur. La même depuis vingt siècles ! Mon Dieu ! Si forte et si fragile, harcelée et dispensant à l’envie de joyeuses espérances ; traquée par des ennemis plus ou moins dissimulés, mais étonnamment, génialement embellie par la sainte fidélité de tant de ses enfants de toute condition...
Ces jours-ci, j’ai pu assister, à Rome, à un jaillissement de cet éclat inextinguible qui surgit de ce foyer millénaire qu’est l’Église. D’un seul coup, ont été ordonnés, au cours d’une cérémonie qui m’a fait vibrer jusqu’aux larmes, cinq dizaines de prêtres, ayant derrière eux une merveilleuse, une incroyable histoire d’amour. Un jeune de 84 ans a commémoré les soixante ans de son Ordination sacerdotale. Comme en ce jour de 1944, au Mexique, la Jeune Fille de Tepeyac a souri une nouvelle fois aujourd’hui comme seules les Mères savent le faire, en voyant trembler de gratitude le cœur souffrant et âgé de Marcial Maciel, dans la Basilique de Sainte Marie Majeure, en voyant 59 de ses fils devenir prêtres de Jésus-Christ et en prenant dans ses mains sacrées, le document par lequel le Pape, Jean Paul II a donné, personnellement, l’ultime consécration à son œuvre. L’approbation définitive des Statuts du Mouvement Regnum Christi le confirme définitivement : l’inspiration extravagante de ce jeune Mexicain de vingt ans, était de Dieu.
Avec une poignée de gamins (uniquement des petits séminaristes), il commença à rêver d’une Légion grandiose qui allait conquérir le monde des âmes pour le Christ. Ce songe est aujourd’hui une joyeuse réalité. A plus de trois mille (six cents prêtres et une croissance continue), les Légionnaires du Christ sont pour l’Église, une espérance et une actualité, une force vive de plus en plus stimulante, au moment où nous sommes tentés par le découragement..., parce que la blessure d’un schisme, latente mais qui saigne, crie encore parfois comme ce Cardinal désorienté et perplexe d’après le Concile : « Mais, où va l’Église ? »
Mais l’Église, Épouse indéfectiblement fidèle du Crucifié, sait où elle va. Elle marche sur les traces du pauvre et déprécié Rabbi de Galilée. L’Église va, en même temps et par le même chemin, à la croix et à la gloire ; du calvaire du Golgotha au tombeau vide. L’Église va à la rencontre de la calomnie, du dénigrement et de l’hostilité, pour avancer sans cesse avec le geste du pardon et de la miséricorde.
C’est le chemin des Légionnaires du Christ. Comme l’Église, leur passion, ils avancent, comme dit saint Augustin, entre les persécutions humaines et les consolations divines. C’est pourquoi je leur fais confiance. Parce qu’ils portent sur le front - pur, propre, rayonnant de l’ardeur du jeune amoureux - le sceau de l’Évangile. Malheur à vous si tout le monde dit du bien de vous ! Ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi !... Le Pape, si souvent guetteur de matins joyeux, s’est rendu compte, il y a de nombreuses années, qu’il y avait là matière à espérer. C’est pourquoi il aime profondément Marcial Maciel, cible d’incompréhensibles incompréhensions pendant de longues années, années de souffrances qu’il a appelées « la grande bénédiction ». Et malgré tout, rien ni personne n’a pu le faire s’éloigner du Roc. Jésus-Christ, depuis très longtemps, l’a placé dans le cœur de son Vicaire. Et maintenant, Pierre a voulu lui dire : « En avant, Allez-y ! ».
A l’occasion de cet anniversaire, le Saint Père a voulu offrir au Père Maciel et aux Légionnaires l’approbation définitive des Statuts du Mouvement Regnum Christi, la responsabilité du Centre Notre Dame de Jérusalem, la fondation d’une communauté à Jérusalem et, les recevant en audience privée le mardi 30 novembre, il a personnellement félicité le Père Maciel et loué le travail réalisé dans le monde entier.
Ce sont les espoirs de l’Église. Quand la vie religieuse souffre d’un cancer si grave qu’il semble incurable, l’organisme se régénère. Des congrégations méritantes disparaissent, des fidélités de fer se lézardent, les travailleurs infatigables s’arrêtent. Ils ont regardé dans une mauvaise direction. Leurs vocations épuisées, ils continuent pourtant, s’obstinant sur une position déraisonnable qu’ils ont cru trouver il y a quarante ans et qui les a conduits à l’autodestruction. Mais c’est l’Esprit Saint qui conduit l’Église et non ceux que touche le prurit des nouveautés stériles. Et, lorsque certaines armées désertent ou passent à l’ennemi, l’Esprit Saint en suscite d’autres qui continuent à conquérir sans craindre le fracas de la bataille.
Jeunes donnés avec enthousiasme à l’extension du Règne, avec une admirable formation humaine, intellectuelle et spirituelle ; un comportement profondément viril de religieux modernes, sans affectation du geste inauthentique ; la bonne odeur naturelle de l’humilité associée à une fermeté inflexible ; la charité toujours, le sourire du silence fermant les lèvres en mille occasions sans prendre cependant une attitude de victime ; prière profonde, pénitence et travail, joie à flots et infatigables semeurs de paix : tels sont les légionnaires du Christ. Ils sont contagieux. C’est pourquoi, autour d’eux, ont surgi des familles exemplaires, pleines d’enfants et où fleurissent de splendides vocations. Des laïcs consacrés, des apostolats du tonnerre, à temps plein : tels sont les gens du Regnum Christi. Le Pape a voulu faire savoir clairement, sans passer par les voies habituelles, qu’il était avec eux.
Les chiens - finalement que savent-ils faire d’autre ? - cassent leur voix par leurs jappements calomnieux diaboliques. Tant mieux. Cela me rappelle le dicton moqueur : « Les chiens aboient - la caravane passe ! »
28 février 2005