Après quelques mois de préparation à Rome, je rejoins, seule française, un groupe d’italiennes en partance pour les missions au Mexique, début août. Chaque été, en Italie comme en France, le Regnum Christi organise pour les jeunes trois semaines de mission au Mexique. Trois semaines pour vivre pauvre parmi les pauvres, pour les écouter, les aider, leur offrir les sacrements et une aide médicale.
Cette année la mission avait été organisée à Tampico, sur le golfe du Mexique, dans l’Etat de Tamaulipas, dans la paroisse dont sont chargés les Missionnaires du Christ Médiateur. Les missions sont en effet préparées en collaboration avec les paroisses du Mexique, avec les prêtres diocésains qui connaissent les besoins de leurs paroissiens.

Le groupe de missionnaires
Quand nous sommes arrivées à trois heures du matin, à la paroisse d’Altamira, la zone qui nous avait été confiée, un petit groupe de paroissiens nous attendaient encore, après des heures d’attente dues à notre retard. Quelle émotion quand en descendant les marches du bus on nous chantait un chant de bienvenue typique Mexicain ! Ils nous avaient tout préparé pendant la nuit, fait de leur mieux pour que nous soyons à notre aise dans cette paroisse, qui serait la notre pendant ces quelques semaines.
Chaque matin, quelques paroissiens nous conduisaient dans leur pick-up à la zone plus précise de notre mission : Tierra Negra, un « bidonville », à 10 minutes d’une des zones les plus riches de Tampico. Les quelques mamans et enfants qui étaient nos guides pendant toute cette mission nous accompagnaient. Quel accueil ils nous réservaient à chaque fois !
Les journées se déroulaient de la manière suivante :

En mission dans un village
Le matin, visites des maisons, passer à chaque portail, appeler les personnes, nous présenter et les inviter à nos activités de l’après midi, et à la messe en fin de journée. Parfois une famille nous invitait à entrer dans leur maison. Et « maison » est un bien grand mot : une cabane faite de planches et de tôles en guise de toit, pas de sol, seulement de la terre. Au mieux une cuisine et une chambre. Les plus courantes n’avaient qu’une pièce, qui servait pour tout, avec un lit. Dans cette unique pièce dormaient toute la famille, la grand-mère, les parents et les enfants. Et ils étaient tellement heureux de nous offrir un verre d’eau, tellement contents d’aller acheter une bouteille de coca-cola pour la partager avec nous.
L’après-midi, après le repas préparé par les dames de la paroisse, nous organisions des activités : jeux avec les enfants, discussions avec les adultes sur des thèmes comme le mariage, le baptême, les sacrements, et puis les visites médicales. Nous avions dans notre groupe 5 étudiantes en médecine venant de Padoue, plus Karla et Gabriel, médecins mexicains ayant étudié la bioéthique à Rome, et un pédiatre, tous venus donner un peu de leur temps et de leurs services pour les plus pauvres.
Je crois que ce qui m’a le plus marqué pendant cette mission, ce sont les enfants. Toujours le sourire aux lèvres, toujours cet éclat dans les yeux. Je crois que ces petits enfants pauvres sont les plus joyeux que j’ai jamais connus. Personnellement j’étais chargé du football avec les garçons. Quels bons moments passés avec eux ! Rire aux éclats quand un des leurs tombait ou manquait un goal, voir les plus grands aider les plus petits à mettre le maillot, les voir rire entre eux après avoir discuté un goal douteux ! Mais le plus beau était de les voir rester à la messe avec nous les missionnaires, après avoir joué toute l’après midi, les voir nous construire des bancs avec des blocs de parpaings et des planches, les voir nous donner la paix du Christ avec ce sourire et cette complicité. Et revenir le lendemain, le surlendemain, et tous les jours, avec de nouveaux amis. Et les voir pleurer le jour des adieux. Ils nous avaient tous préparé des cartes de remerciements, d’au revoir, tous nous disant qu’ils ne nous oublieraient jamais, et qu’ils espéraient nous voir revenir très bientôt. Et leurs mamans, les larmes aux yeux, nous remerciant cent fois pour notre venue. Pour avoir vécu ces journées avec eux, et pour avoir prier avec eux, pour leur avoir donné un peu d’espérance. Et ce vieil homme que nous avions invité le premier jour et qui était venu chaque jour pendant toute la durée de la mission, le voir se confesser la veille de notre départ après avoir toujours refusé, l’entendre nous dire merci, nous dire que nous lui manquerions énormément.
Oui, nous somment peut-être arrivées en pensant que nous allions apporter un peu d’aide à ces pauvres gens, et nous sommes parties en ayant bien plus reçu que donné. Nous sommes reparties l’âme remplie de sourires, de regards, de merci, de bonté, de foi et de tant d’autres bonnes choses de la part de ces personnes. Nous avons peut-être fait un long voyage, nous avons sûrement eu

Ils nous ont tant donné !
plus chaud que jamais, nous avons marché, nous nous sommes épuisées au point de tomber de sommeil pendant la prière du soir, mais ce que nous avons emporté dans notre cœur en quittant ce merveilleux pays, ce sont toutes les merveilles que nous avions reçues pendant cette mission. Et je crois que nous sommes toutes revenues dans nos familles un peu changées, un peu transformées par cette expérience. Avec un peu plus de générosité, la générosité apprise de ces pauvres que nous allions aider : ce sont eux qui nous ont aidés.
En rentrant à la maison je ne pense qu’à une chose, c’est : le refaire !